Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 17:25

L’ANESM à la recherche du zéro défaut en EHPAD

C’est un très important travail que vient d’achever l’Anesm par la publication de 3 Directives qui concernent directement la qualité de vie des résidents en maison de retraite. L’ensemble de ces directives représente un total de 700 pages qui peuvent être importées en suivant le lien vers l’Anesm. Cliquer sur la liste des sites référencés sur votre droite.

Une dernière directive publiée en février 2012 met en musique les directives publiées précédemment en organisant une évaluation interne. Cette évaluation s’inspire de la recherche du zéro défaut appliqué à l’industrie dans les années 1980. Les personnes auront donc du attendre plus de 30 ans pour bénéficier de dispositions favorables réservées aux machines. Nous en parlerons dans une deuxième partie.

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Programme Qualité de vie en Ehpad

Les éléments concourant à la qualité de vie de la personne accueillie en Ehpad se situent à quatre niveaux distincts et complémentaires. L’Anesm a donc conçu un programme spécifique Qualité de vie en Ehpad qui est décliné à travers quatre recommandations. Son objectif est de promouvoir l’ensemble des pratiques professionnelles destinées à améliorer la qualité de vie des résidents :

  • Volet 1 : De l’accueil de la personne à son accompagnement, en février 2011,
  • Volet 2 : Le cadre de vie et la vie quotidienne, en septembre 2011,
  • Volet 3 : La vie sociale des résidents, en janvier 2012,
  • Volet 4 : L’impact des éléments de santé sur la qualité de vie, en octobre 2012.

Les destinataires de cette recommandation sont :

  • les professionnels des Ehpad ;
  • éventuellement, les organismes gestionnaires des établissements ;
  • mais également les intervenants extérieurs (libéraux, bénévoles, …).

Volet 1 - De l’accueil de la personne à son accompagnement
L’objectif de cette recommandation est de donner des pistes de réflexion et d’action aux professionnels pour améliorer la qualité de vie des personnes entre le moment de la demande d’admission et les premiers mois dans l’établissement. Plus précisément, il s’agit de : 

  • renforcer l’importance de la préparation à l’entrée et de la période d’accueil pour accueillir au mieux la personne dans son nouveau lieu de vie.
  • mettre en place la personnalisation de l’accompagnement et des prestations, au moyen notamment du projet personnalisé.
  • favoriser l’ouverture de l’Ehpad vers l’extérieur et d’en améliorer la perception par le grand public, la population du territoire, les familles et les personnes âgées qui seront susceptibles d’y finir leurs jours.

 Volet 2 - Organisation du cadre de vie et de la vie quotidienne

L’objectif de cette recommandation publiée en juin 2011 est de promouvoir l’ensemble des pratiques professionnelles destinées à améliorer la vie quotidienne des résidents dans le cadre de vie que leur offre un Ehpad à partir des questions suivantes :
 - Comment permettre au résident de s’approprier l’espace de son logement/de sa chambre afin qu’il puisse se sentir chez lui ?
 - Comment faire en sorte qu’il ait envie d’aller à la rencontre des autres ? Et investisse les lieux collectifs ?
 - Comment le cadre de vie peut-il faciliter/renforcer les relations d’accompagnement entre les résidents et les professionnels ?

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Volet 3 - La vie sociale des résidents en Ehpad

 L’objectif de la recommandation est l’amélioration de la qualité de vie des résidents en leur offrant la possibilité de maintenir ou de renouer leurs liens sociaux antérieurs et d’en créer d’autres tant au sein de l’établissement qu’à l’extérieur. Les résidents pourront ainsi continuer à exercer les différents rôles sociaux qu’ils souhaitent et se recréer un nouveau réseau social.


On entend par vie sociale l’ensemble des relations que le résident en Ehpad est amené à avoir avec d’autres personnes.

 
On entend par rôle social le comportement, conduite ou fonction d’une personne à l’intérieur d’un groupe (famille, société). Chaque individu a plusieurs rôles sociaux qui évoluent dans le temps et se transforment.

 
La présente recommandation vise à fournir aux professionnels des pistes de réflexion et d’action sur les questions suivantes :

 

 - Comment favoriser la possibilité de relations entre les résidents ? Entre les résidents et les professionnels ? Entre les professionnels et les proches ? Entre les résidents et les autres habitants ?

 - Comment faciliter le maintien des relations avec les proches ? Comment aider à renouer des liens distendus si le résident le souhaite ?

 - Comment faciliter l’expression du résident tant sur les modalités de son accompagnement individuel que sur la vie collective de l’établissement ?

 - Comment respecter la citoyenneté des résidents et leur permettre de « ne pas se couper du monde » ?

 
Cette recommandation concerne tous les résidents d’un Ehpad quels que soient leur état de santé et leurs possibilités d’expression, de compréhension et de communication.

 
Les modalités pratiques de déclinaison de ces recommandations selon les caractéristiques, en particulier cognitives, de chaque résident font partie de son projet personnalisé.

 

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Volet 4 - L’impact des éléments de santé sur la qualité de vie

 

Cette recommandation à paraître en octobre 2012 concerne :

 

Les éléments de santé perçus par les personnes âgées comme étant importants pour leur qualité de vie :

 

- Comment maintenir, stimuler, compenser les capacités dans les actes de la vie quotidienne ? 

- Comment accompagner la situation de handicap liée aux incapacités ?

- Comment prendre en charge les problèmes de santé influant directement sur la qualité de vie ? La douleur ? La souffrance morale (dépression, troubles du comportement) ?

- Comment la personne âgée dépendante peut-elle être partie prenante des choix concernant sa vie et sa santé ?

 

La prévention des risques de santé :

 

 Comment prévenir les risques de santé liés à la vulnérabilité des personnes accueillies ? Dénutrition, déshydratation, escarre, chutes, infections, incontinence…

 

La coordination des diverses interventions :

 

 Comment intégrer l’évaluation des besoins de santé et les réponses qui leur sont apportées dans une approche globale de la personne ? Comment peut-elle être réellement pluridisciplinaire ?

- Comment assurer les interactions et la coordination des différents professionnels de l’Ehpad et des intervenants extérieurs (médecins traitants, paramédicaux libéraux, équipe mobile, HAD), mais aussi les autres professionnels (intervenants sociaux, ménage, restauration,…) et l’entourage autour de la personne accompagnée ?

- Comment « l’équipe » partage-t-elle ses connaissances des personnes et les évaluations de ses différentes actions ? Quelles modalités de traçabilité des informations ?

- Comment la qualité des soins apportée peut elle être optimisée par l’inscription de l’Ehpad dans le territoire de santé (filière gériatrique, secteur gérontologique, réseaux…) ?

 

La fin de vie :

 

 Comment assurer une qualité d’accompagnement de la fin de vie ? Quelle formation à mettre en place sur la fin de vie, les soins palliatifs ?

 

Les droits spécifiques à la maladie et à la fin de vie :

 

 Comment mettre en œuvre concrètement la loi du 4 mars 2002 et du 22 avril 2005 afin de garantir les droits des personnes malades ? Information, accès au dossier médical, personne de confiance, directives anticipées, refus de soins…

 

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Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 18:29

Rencontre à la Maison d’Hébergement du Coteau à Antibes

Le 27 avril 2012, une rencontre a eu lieu entre Monsieur Jean-Marc Fournillier et Messieurs Jean-Pierre Marmontelli (FGR) et Guy Muller (DIRPA).

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Monsieur Fournillier, directeur du Coteau

Il s’agissait pour l’Intersyndicale de renouer des liens avec les Maisons de Retraite du Département dans une démarche sur les problèmes rencontrés dans la gestion de ces établissements qui sont nombreux dans les Alpes Maritimes : 232. Nous rencontrons des établissements divers classés EHPAD : associatifs, publics et privés. Nous recherchons les modifications intervenues depuis quelques années au plan de la qualité de service offerte aux résidents.

Présentation générale de l’établissement

Monsieur Fournillier nous donne des indications sur l’âge d’entrée des résidents, autour de 85 ans, lors de leur admission. L’âge moyen des hôtes est de 89 ans avec une durée de séjour qui est le double de la moyenne nationale. Le délai de survie est en France de l’ordre de 24 mois après admission. Les résidents sont au nombre de 80 personnes dont 70 femmes et 10 hommes. Le personnel tourne autour de 50 personnes réparti en deux entités  : l’hôtellerie et les soins.

Le but du Directeur est d’augmenter l’autonomie physique des résidents, car pour l’autonomie psychique, il possède moins de leviers.

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La vie interne des résidents

Trois conseils de résidents par an organisent la vie interne de la maison : horaires repas, animations nombreuses : chorale, cinéma, bibliothèque. Des boites à suggestions sont installées pour recueillir les avis et propositions des résidents. Des fêtes sont organisées pour créer du lien social. Le maintien d’un fort lien familial sera accentué par la construction de deux chambres d’accueil pour les familles venant d’autres départements. Pendant notre entretien une résidente téléphone au directeur par erreur. Il nous déclare tenir sa porte ouverte en permanence pour aider le personnel et les résidents dans une position d’écoute permanente.

Un lien est directement fait sur le parallélisme entre une bonne ambiance parmi le personnel qui améliore les relations internes. Il en résulte la création d'un climat favorable aux résidents. 

L’éthique de la Croix Rouge

La Croix Rouge doit «soulager toute souffrance ». Selon cette affirmation, « si l’on vient travailler dans la maison de retraite par hasard, on n’y reste pas par hasard ». En conséquence la gestion facilite les échanges entre les équipes tout au long de l’année. Chaque jour au moment du croisement des deux équipes, un quart d’heure est consacré à une information réciproque sur les évènements survenus dans la journée. Une convention collective favorable au personnel traduit dans les faits cette éthique par un faible turn-over. La recherche d’une politique visant à améliorer les choses en permanence est attestée par la présence d’une Responsable qualité au niveau national qui a été membre de L’ANESM. Plusieurs des Directives de l’ANESM* sont d’ailleurs placées sur le bureau de Monsieur Fournillier. La mise en place d’un référentiel des bonnes pratiques est un énorme chantier qui vient d’être lancé mais dont les résultats s’étaleront dans le temps. Plusieurs phases sont prévues dans cette démarche qui est centrée sur l’observation de l'évolution dans le temps de nombreuses statistiques. A la suite de ce recensement statistique, réalisé selon des axes d’action, le personnel doit adapter et améliorer son comportement.*

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Comme il fait bon vivre dans l’établissement une liste d’attente recense les candidats à l’entrée dans la Maison. Parmi les plus proposés il est cité la qualité de la nourriture. La restauration est réalisée sur place chaque jour avec nombre de produits frais. Nous notons la propreté des locaux, la beauté d’un grand jardin situé derrière l’établissement, dans une rue très calme. Le tarif moyen de la journée est de 61,50 euros.

Le management d’équipes

Monsieur Fournillier nous décrit sa conception de gestionnaire et d’animateur. Il gère une cinquantaine de personnes hors cuisine. Le ratio d’encadrement est de 0,57%. En dépit de métiers insuffisamment valorisés, le personnel doit accepter la noblesse du travail. Tout est mis en place pour favoriser la qualité de l’accompagnement des personnes âgées. Dans la prestation donnée par le personnel, la qualité technique compte pour 50%, alors que l’état d’esprit compte pour 50%. La direction et l’encadrement s’attachent à contrôler d’éventuelles dérives au plan de la disponibilité du personnel (toilettes) de sa serviabilité et de la qualité du langage employé. Un investissement leur est de plus demandé lors des fêtes et animations qui ponctuent la vie de l’établissement. Chaque aide sociale a la responsabilité de 5 à 6 résidents ce qui les responsabilise mieux.

La distribution des médicaments, les horaires de nettoyage des chambres, tout est tracé. Chaque résident possède son boitier à son nom, avec un opercule par médicament.

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Les contraintes financières

Nous abordons un problème qui résulte de la complexité des financements, répartis entre l’usager, l’assurance maladie et le Conseil Général. Selon la nature des personnels, le financement est différent. Si l’infirmière est prise en charge à 100% par l’assurance maladie, les aides soignants le sont par deux sources. Les aides publiques sont calculées selon la grille Pathos qui calcule le niveau d’autonomie des résidents. En fonction  de l’autonomie du patient il est évident que le recours à des personnels : psychologue, kiné, médecin, spécialiste, s’avère différent. Plus le niveau d’autonomie est faible et plus le financement augmente. Le Coteau est situé en dessous du calcul de cette formule, ce qui signifie qu'il dépense moins. La grille Pathos est expliquée en suivant le lien  : link

A la question posée d’une forte différence entre les pays de l’espace européen pour le taux d’encadrement du personnel, le Directeur nous répond qu’il travaille avec les moyens qui lui sont donnés sans se poser de questions… Il se compare aux établissements français qui sont sa référence. Une association regroupant les Directeurs de Maisons de retraite semble offrir l’occasion de débats (la FNADEPA).

Notre interlocuteur est un jeune Directeur de 42 ans qui ne semble pas éprouver de problèmes particuliers face à l’informatisation croissante de son métier. Très conscient que la "paperasse" a développé son emprise dans sa profession, il en accepte la nécessité pour la bonne gestion de sa maison. Son dynamisme lui permet de lancer des projets dont celui de la création d’un accueil pour les patients Alzheimer au 1er étage de l’EHPAD.

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L’importance attachée au respect des personnes nous parait être le point fort de la gestion au quotidien de cet établissement très moderne dans sa conception architecturale.

·     * L’ANESM vient de publier à la fin de l’année 2011 et au début de l’année 2012 plusieurs directives centrées sur le zéro défaut. Un diaporama explicatif sur cette démarche a été réalisé en direction des cadres et du personnel des maisons de retraite. Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement sur ce site pour décrire cette démarche.

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     Guy Muller, DIRPA

 

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Mercredi 25 avril 2012 3 25 /04 /Avr /2012 18:32

Rencontre avec Emmaüs

C’est dans le cadre des rencontres avec les associations de solidarité et d’entraide que l’Intersyndicale poursuit ses investigations. Ce mardi 27 mars ce sont Henriette Carlès (FGR/FP) et Alain Tiberti (FSU) qui sont reçus par les responsables d’Emmaüs : Roberto Sanchez et Morgan Bauchy.

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 A l'origine d'Emmaüs...

 

L’Appel de l’abbé Pierre du 1er février 1954

Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du

boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant hier, on l’avait

expulsée...

Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain,

plus d’un presque nu.

Devant l’horreur, les cités d’urgence, ce n’est même plus assez urgent !

Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève, l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre CENTRE FRATERNEL DE DEPANNAGE, ces simples mots :

« TOI QUI SOUFFRES, QUI QUE TU SOIS,

ENTRE, DORS, MANGE, REPREND ESPOIR, ICI ON T’AIME »

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres

subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !

Chacun de nous peut venir en aide aux "sans abri". Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci !

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Emmaüs dans les Alpes Maritimes

Les deux responsables présents nous ont courtoisement reçus. Nous avons rapidement exposé en quoi consiste notre Intersyndicale et les raisons de notre demande d’entrevue. 

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 Un domaine d’intervention tourné vers les jeunes    

 Emmaüs est d’abord une communauté qui accueille des personnes sans ressources qui viennent les voir. Parmi elles essentiellement des « jeunes » de 25/40 ans qui fournissent les gros bataillons des demandes d’accueil. Les personnes âgées sont exceptionnelles et leur nombre n’est pas significatif, actuellement 3 d’entre elles ont autour de 60 ans et attendent simplement  que leur dossier de retraite soit liquidé afin de disposer d’un revenu comme nous l’a expliqué l’une d’entre elles.

Des personnes âgées résignées mais solidaires

On peut comprendre que les personnes âgées soient dissuadées par l’éloignement de Saint André, les contraintes d’une vie communautaire mais aussi par le fait que les gens de 70/80 ans rechignent à évoquer leur misère. D’une manière générale on nous fait remarquer que plus les difficultés sont grandes et moins ils se plaignent.

Par contre il arrive de dépanner des personnes de tout âge, et parmi eux des personnes âgées, pour des aides ponctuelles de première nécessité (gazinière, meubles, télévision). Elles sont envoyées par le Secours Catholique qui évalue au préalable la nécessité et la nature de l’aide. Parmi elles beaucoup sont des maghrébins retraités souvent dans des situations dramatiques.

La plupart des personnes âgées qui viennent sont des donateurs preuve que la solidarité existe.

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Des jeunes en retrait de la société

Pour conclure nos interlocuteurs nous font part de leurs sujets d’inquiétudes : Beaucoup des plus jeunes (20/40 ans) n’ont jamais réellement travaillé, jamais reçu de fiche de paie, jamais cotisé.

Emmaüs peut les dépanner, les héberger quelque temps, mais après ? Parmi eux des étrangers mais pas seulement. Cela présage mal de l’avenir.

Pour plus d’informations sur Emmaüs : link

 Alain TIBERTI, pour l’Intersyndicale des Retraités et Personnes âgées des Alpes Maritimes

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Samedi 14 avril 2012 6 14 /04 /Avr /2012 18:43

 

La Croix Rouge Française des Alpes Maritimes

L’Intersyndicale des Retraités et Personnes Agées des Alpes Maritimes poursuit ses travaux en rencontrant les organismes qui œuvrent en faveur des personnes rejetées par le système économique.

Une rencontre a eu lieu le 29 mars avec les responsables de la Croix Rouge en leur siège Départemental de Saint Laurent du Var. Ce sont Mme Sylvie Demangeat, Présidente et Monsieur Jean Marie Accart de la Délégation de Vence qui ont reçu  l’Intersyndicale composée de Messieurs Jean Mazzi (CFDT), Jean Pierre Marmontelli (FGR) et Guy Muller (Communication/DIRPA).

 

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D’entrée de jeu la faiblesse des retraites est soulignée, par nos interlocuteurs, aggravée par le coût de la vie dans les Alpes Maritimes. Nous retrouvons les éléments liés à la solitude et à l’isolement des personnes âgées. D’où une très grande difficulté à repérer les personnes isolées. Comment cerner ces personnes qui n’osent demander quoi que ce soit ? Les Alpes Maritimes sont un département béni des dieux. Son caractère touristique renforce un sentiment de bienveillance répandu par les médias, dont Nice Matin. Le mal vivre fait tache. Les « politiques » en arrivent à nier la réalité des faits de pauvreté qui se présentent à leurs yeux. Mais il arrive que des solutions interviennent rapidement lorsque certains faits sont mis en évidence par la Croix Rouge :

Menton trouve trois lieux d’hébergement grâce à la focalisation des médias

Nice ouvre un gymnase à Saint Barthelemy pour offrir 45 lits

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En maraude

Leur « invisibilité » renforce la solitude des personnes âgées

Plusieurs cas nous sont cités en exemple, dont la difficulté à vivre de personnes de plus de 80 ans, qui n’attendent plus rien de la vie. Une personne de 87 ans subsiste avec des pommes de terre et ne se chauffe pas. La vie, la survie devrait-on dire, est assurée par les poubelles des fins de marché ou la quête des restes le soir lors de la fermeture des magasins d’alimentation.

Les personnes âgées sont difficiles à rencontrer, elles n’ont plus envie de solliciter quoi que ce soit et sont donc peu exigeantes. Elles ont pris l’habitude des privations. Pourtant le nombre des nécessiteux augmente sans cesse. Une croissance de 42% des interventions de la Croix Rouge pour répondre à la demande en matière alimentaire a été constatée.

Ces interventions ont lieu toute l’année, y compris pendant la période où les Restaurants du Cœur sont fermés avec l’aide de la Banque Alimentaire. A Nice un SAMU social opère de 17 heures à 23 heures dans les rues de la ville. Cette équipe mobile va à la rencontre des sans abri, en détresse sociale, médicale ou psychologique. Des boissons chaudes, des kits d’hygiène, des couvertures, des petits soins sont donnés, tout en orientant vers les structures d’accueil. L’équipe travaille avec une tenue de la Croix Rouge et intervient selon le signalement ou la maraude. Elle intervient en partenariat avec la ville de Nice, la DDASS et le Conseil Général.

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L’importance du coût des loyers et des charges associées conduit locataires et même propriétaires à accumuler des dettes importantes. Ce sont des cumuls de loyers impayés, de charges et d’impôts locaux et fonciers qui sont à l’origine d’interventions des travailleurs sociaux. Les dépenses courantes de gaz et d’électricité donnent lieu à des participations de la part des CCAS, souvent ignorée des éventuels bénéficiaires. Nombre de personnes en viennent à ne plus se chauffer.

Parmi les carences exposées par nos interlocuteurs, on découvre des CCAS au fonctionnement par trop administratif. Les personnes âgées ne sont pas suivies au plan de la qualité des prestations données. C’est une gestion financière, de type d’entreprise, qui ne convient absolument pas aux personnes aidées. Des risques sont signalés vis-à-vis des gestionnaires de tutelles et des aides à domicile.

Le fonctionnement de la Croix Rouge des Alpes Maritimes

L’association est nationale avec des fédérations départementales. Dans les Alpes Maritimes, ce sont 13 délégations locales qui sont implantées dans le Département. Leurs actions sont adaptées aux problèmes spécifiques de leur localité d’implantation. Ces villes d’implantation sont : Antibes, Beausoleil, Cagnes sur Mer, Cannes, Carros, Grasse, Menton, Nice, Saint-Laurent du Var, Sophia-Biot, Vence, Villefranche-Beaulieu, Villeneuve-Loubet. Selon les besoins des populations rencontrées les actions menées sont diverses. Distributions alimentaires, vestiaire, actions en milieu carcéral, maraudes, actions auprès des personnes âgées. L’accent est toujours mis en direction de l’urgence et du secourisme avec des formations spécifiques et l’implantation de postes de secours.

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Madame Sylvie Demangeat montre la Charte de fonctionnement de la Croix Rouge


La Croix Rouge possède en outre divers établissements spécialisés dans notre Département :

Un institut de formation sanitaire et sociale à Nice-Cap de Croix, qui regroupe cinq unités de formation aux soins infirmiers, école d’infirmière, école de puériculture, formation des cadres de santé.

Un centre régional de formation professionnelle : premiers secours, formation à la manutention de charges ou de malades.

Un établissement d’hébergement pour personnes âgée dépendantes « la maison du Coteau » à Antibes, qui est une maison de retraite de 80 lits.

Une maison d’enfants qui accueille des enfants à partir de 6 ans, dont la situation familiale exige une séparation momentanée.

Un service d’aide à domicile implanté à Grasse.

Outre des professionnels affectés aux établissements, la Croix Rouge a besoin de 2455 bénévoles, qui sont répartis à raison de 1800 dans les activités sociales et de 655 dans les actions de secourisme.

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Historique de la Croix Rouge

N’oublions pas que la Croix Rouge est fière de ses origines d’aide aux blessés sur les champs de bataille. C’est Henri Dunant qui fonde les principes internationaux des sociétés de secours aux blessés, après la bataille de Solférino, épisode évoqué dans un livre. En 1863, Dunant crée avec quatre de ses concitoyens suisses, la Convention internationale de secours aux blessés. La première Convention Internationale de Genève fut signée en 1864 pour améliorer le sort des blessés dans les armées. Après Henri Dunant, prix Nobel de la Paix en 1901, le comité International de la Croix Rouge, reçoit le même prix Nobel en 1917. Une fédération Internationale regroupe les sociétés nationales de la Croix Rouge et du Croissant Rouge depuis 1919. En 1963 un nouveau prix Nobel de la Paix a été décerné à ces Fédérations Internationales.

 

Adresse de la Délégation des Alpes Maritimes : 658 boulevard Jean Ossola – 06700 St Laurent du Var – Courriel : dd06@croix-rouge.fr

 

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Dimanche 1 avril 2012 7 01 /04 /Avr /2012 15:35

Les  Restaurants du Cœur des Alpes Maritimes

 

Rencontre entre l’Intersyndicale des retraités : Mme Six, responsable départementale des Restaurants du cœur des AM et des responsables de secteur  et Messieurs Modeste Alcaraz(CGT) et Alain Tiberti (FSU),  à Cagnes sur mer le mercredi 13 mars 2012.

 

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Au plan national…

                                         …une solidarité agissante

Le fondateur des restaurants est l’humoriste Coluche qui les crée en 1985. Les caractéristiques essentielles de l’association sont basées sur :

 L’organisation d’une solidarité marquée par le vote en 1988 d’une loi qui incite au don les particuliers par l’intermédiaire d’une déduction fiscale.

L’autre particularité de l’association réside en des frais de fonctionnement faibles : 8,5%. Elle est en cela soutenue par 55 000 bénévoles répartis sur l’ensemble de la France.

L’association possède 117 antennes départementales.

Axes d’actions

L’aide alimentaire

De septembre à juin (/juillet,suivant les sites) les bénévoles distribuent :

des paniers-repas équilibrés, à cuisiner chez soi ;

des repas chauds, pour les sans domicile;

une aide spécifique pour les bébés.

L’aide au logement

« Disposer d’un toit est une étape élémentaire de l’insertion sociale. L’aide au logement prend des formes diverses, qui vont de l’hébergement d’urgence à l’accompagnement vers une location stable »

Les restos du cœur viennent en aide aux personnes en difficulté de logement via :

Les centres d’hébergement d’urgence (Accueil de quelques nuits les personnes avec accompagnement social et éventuellement une aide médicale et psychologique).

Les lieux de vie (Ces lieux accueillent pour un long séjour, souvent à la campagne afin de retrouver les habitudes d'une vie collective active)

Les résidences sociales (afin de permettre aux occupants de prendre leur autonomie et de retrouver un logement stable).

L’accès à une location stable

Les restos bébés du cœur

Ceux-ci remplissent une mission d'aide pour les parents en précarité par la fourniture de :

une aide alimentaire adaptée aux bébés de moins de 18 mois

une aide matérielle appropriée (vêtements, couches, produits de puériculture et d’hygiène, jeux pour enfants et prêt de matériel)

des conseils en pédiatrie et diététique, un espace de partages et d’échanges avec d’autres parents et des bénévoles ;

 

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La situation dans les Alpes Maritimes

Mme Six nous précise quelques règles de fonctionnement des Restaurants du Cœur : on donne à tous ponctuellement, mais on ne donne l’équivalent de 6 repas hebdomadaires (voire 14 à ceux ou celles qui sont en grande détresse), qu’aux personnes inscrites après application d’un barème national. On ne distribue pas de paniers garnis, les gens se servent dans des rayonnages façon supermarché afin d’éviter la dimension « charité » de l’aide apportée. 

Outre la nourriture les Restaurants du Cœur distribuent aussi des vêtements, voire des services. Une séance de coiffure pour une personne convoquée  pour un entretien d’embauche.

Si le nombre de personnes aidées n’augmente que de 4% les demandes d’aide sont plus fortes ce qui démontre que si le nombre de pauvres n’a que (relativement) peu augmenté, ceux-ci sont de plus en plus pauvres et leurs besoins sont plus grands.

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Des Personnes Agées plus nombreuses

 Autrefois les personnes âgées ne venaient pas, aujourd’hui malgré le minimum vieillesse, avec notamment la hausse des loyers, des charges, etc. beaucoup n’y arrivent plus et font appel aux Restaurants du cœur.

     On constate donc une augmentation du nombre des Personnes Agées  mais elles sont difficiles à cerner. Après avoir travaillé la plupart se sentent humiliées, viennent en rasant les murs. Pour les plus âgées (80 ans) c’est très net, elles  viennent à reculons. Les plus jeunes, les « néo-retraités », ceux de la « génération Coluche » sont plus décomplexés mais leur présence indique une dégradation du montant des retraites et pensions, elles ont besoin d’aide plus tôt.

      En général les personnes âgées sont réticentes à s’inscrire dans des centres où il faut donner son identité et plus encore les hommes que les femmes, par contre elles viennent plus volontiers vers les camions en maraude où on ne demande rien mais où le repas (sandwich) est forcément plus chiche.  Leurs comportements sont différents, par exemple elles ont besoin de vêtements et de nourriture, comme les autres, mais apprécient le linge de maison : quand des personnes jeunes se contentent de Sopalin elles apprécient nappes et serviettes, « comme autrefois ». Surtout, ayant du temps, elles trainent plus souvent dans les allées, discutant volontiers avec d’autres personnes du même âge ou avec les bénévoles. Elles viennent donc aussi chercher du lien social, de la compagnie, de l’échange, l’aspect  relationnel est aussi fondamental que le reste, que ce soit dans les centres ou lors des « maraudes ».

       Alors que beaucoup de bénéficiaires ne viennent que quelque temps, soit que leur situation s’améliore, qu’ils changent de région ou qu’ils profitent de « petits boulots » pendant l’été, les personnes âgées sont présentes toute l’année pendant 3, 4, 5 ans ou davantage.

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Des Personnes Agées plus pauvres

Actuellement, on constate que des Personnes Agées recommencent à basculer dans la grande pauvreté, comme dans les années 50 ou 60, surtout quand elles sont seules et qu’elles ne bénéficient plus que d’une pension de réversion, ce qui concerne d’abord les femmes mais pas uniquement. Les couples ne sont pas non plus à l’abri. Cette pauvreté n’épargne pas non plus des gens nantis d’un petit bien et dont la situation peut basculer très vite.

      Il existe  des cas emblématiques :

 un couple de commerçants propriétaire de son appartement, le mari meurt, la pension de réversion de la veuve ne permet plus d’assurer, en plus de tout le reste, l’augmentation des charges du logement (cf. la mise aux normes des ascenseurs en particuliers).

un couple d’ouvriers propriétaire, après des années d’économies, voire de privations, d’un logement de 4/5 pièces dans un quartier peu côté. Quand les enfants, et les aides dont ils bénéficiaient, sont partis la moindre dépense  imprévue (travaux, santé) prend des allures de catastrophe. Alors on rogne sur le chauffage, la nourriture.

 Dans notre département le « reste à vivre » quand les dépenses de logement ont été réglées laisse de nombreuses personnes face à des choix impossibles, c’est une conséquence du manque dramatique de logements sociaux.

 

Par muller - Publié dans : Les articles de Référence
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