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Anciens Combattants : annulation de l'abattement de 20%

par Muller Guy 30 Janvier 2014, 17:32

 

Anciens Combattants : toujours en guerre

Les anciens d’AFN n’ont décidément pas de chance, ayant toujours trouvé face à eux des « responsables politiques » habitués à conduire des guerres de guérilla. Ils ont refusé tout d’abord d’entériner le fait que la France était en guerre, pour refuser des avantages aux anciens combattants d’Algérie. Le temps passant il fallut bien accepter qu’il y ait eu des opérations militaires et non des opérations de police. Aussi on exigeait la participation à cinq ou sept opérations de feu dans un conflit aveugle. Puis on devait accepter de remettre la carte du combattant en fonction d’une durée de présence de six mois durée ramenée à trois mois. Mais certains refus perdurent comme le décompte des campagnes double pour le calcul des retraites.

 

La guerre du guère

Il y a peu, nos chers technocrates ont voulu diminuer le coût des retraites versées au prétexte qu’il fallait réaliser des économies, sur des retraites par capitalisation. Une participation de l’Etat augmente en effet les versements de ces retraites gérées par des Mutuelles : Carac ou France Mutualiste. Or la loi de finances, prévoyait une diminution de 20% en 2014, de l’aide de l’Etat, en attendant des diminutions ultérieures. La diminution de la demi-part pour les veufs ou veuves s’étant opérée de la même façon par étalement sur plusieurs exercices, notre vigilance était requise.

Plusieurs journaux avaient informé leurs lecteurs de la modification prévue à l’occasion de la loi de Finances pour 2014. Il n’est pas inutile de rappeler les raisons historiques de ces aides. Pendant 28 mois, les appelés du contingent ont perçu un prêt de 50 centimes de francs par jour, soit 15 francs par mois. Le salaire d’un facteur des Postes était alors de 600 francs par mois. En échange de cette paie mirifique 30 000 cercueils d’appelés sont revenus en France. Nos technocrates ignorent tout de la guerre puisqu’ils ne sont plus astreints au service militaire. Ils peuvent donc oublier les fondements d’aides dont ils n’auront jamais à bénéficier. Pourtant l'origine des pensions était fondé sur les disparités constatées entre la situation des combattants et des non-combattants lors de la guerre e 1914-1918.

 

Exposé des motifs de la proposition de loi n°5589 du 15 février 1923 :

« A l’âge où, d’ordinaire, les hommes ont la possibilité d’économiser pour assurer leurs vieux jours, ceux-ci ont été arrachés à leurs occupations et à leur famille pour défendre le pays. A leur retour, les conditions de vie avaient changé. Leur situation s’était trouvée modifiée et souvent à leur détriment. L’espérance qu’ils pouvaient avoir d’assurer eux-mêmes la sécurité de leurs vieux jours, ils ne l’ont plus à cette heure ».

Sachant que la retraite attribuée au titre de la carte du combattant est de 665 euros par an, que les retraites mutualistes sont issues de capitalisation, on voit que l’ignorance des responsables politiques est aussi grande que la modicité du versement pour l’impôt du sang. Comme toute guerre, l’Algérie a marqué bien des corps et des psychologies, d’autant plus que la Nation a ultérieurement démoli tous les prétextes d’une guerre qui selon les politiques « commençait à coûter plus cher qu’elle ne rapportait ».

 

La diminution de la majoration d’Etat annulée

Finalement, le « coup de rabot » de 20% sur la majoration d'Etat appliquée à la retraite mutualiste du combattant (RMC) a été enterré. Adopté à l’unanimité, l'amendement du rapporteur du Budget Christian Eckert supprimant la mesure a été voté le 13 décembre 2013 dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances (PLF) pour 2014 à l'Assemblée nationale, contre l'avis du gouvernement. Nous avons été entendus car notre dossier était étayé par l’exposé de la situation réellement vécue par les anciens d’Algérie.

Ils ont connu l’absence de lien relationnel avec leur famille et leur entourage, ils n’ont pu passer ni examen, ni concours, ni progresser au plan professionnel, ils ont pu attraper diverses maladies dont la malaria, être atteints d’invalidités diverses, perdre une partie de leur jeunesse, perdre un revenu. Tous titulaires d’un titre dit de « Reconnaissance de la Nation », ils ont bien reçu un message de « méconnaissance » de leur situation.

Le ministre Le Drian a bien dû reconnaître l’ineptie d'une mesure digne de la guerre des Ages. Oui il y a toujours dans les cercles du pouvoir des conseilleurs. Ceux qui sont à l’arrière de tous les fronts décident en méconnaissant un droit à réparation.

 

Guy Muller, Ancien Combattant d’Algérie

Anciens Combattants : annulation de l'abattement de 20%

commentaires

Bouisson Claude 10/02/2014 18:42

Bravo !! Il faut donc toujours se battre contre les incompétents.
Merci.
Un ancien d'AFN

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