Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pouvoir d’achat des retraites : une régression programmée

par Guy Muller 18 Avril 2014, 08:10 Les sites de REFERENCE

 

La Tonte des Moutons organisée par des désindexations successives

 

La dernière livraison des Analyses de l’INSEE publiée cette semaine annonce avec franchise la bonne nouvelle. Les pensions des retraités seront contenues à 14% du PNB d’ici à 2060, grâce aux diverses réformes, effectuées ces dernières années. Nous savons que la menace « grise » est à la base de nombreux phantasmes, tout comme les calculs savants prouvant une augmentation continue du nombre de vieux. Or l’âge de la vieillesse est un critère important qui comme celui de la retraite, fait l’objet de reports successifs. Alors que de nombreux pays se battent pour rendre leurs frontières intangibles, l’âge du retrait est reporté de façon inexorable, pour que la marée grise ne progresse pas.

Si on avait conservé l’intégralité des règles qui ont prévalu jusqu’au milieu des années 1980, cette part se serait élevée à près de 21 points de PIB en 2060, selon des simulations effectuées à l’aide du modèle Destinie 2 de l’Insee. Avec l’ensemble des modifications intervenues depuis, jusqu’à la réforme de 2014 et les derniers accords Agirc-Arrco, cette part se limiterait à environ 14 points, si on retient une hypothèse d’évolution annuelle de la productivité de 1,3 % à moyen et long termes.

 

Des Désindexations diverses et variées

 

Parmi les facteurs de cette modération de l'évolution des retraites les règles d’indexation jouent un rôle majeur. Depuis la fin des années 1980, c’est l’indice des prix qui sert à revaloriser les pensions en cours de service dans le secteur privé, ainsi que les salaires dits « portés aux comptes », ceux sur la base desquels se fait la liquidation. Ce principe a été confirmé par la loi de 1993. La loi de 2003 a étendu le mode d’indexation sur les prix aux pensions de la fonction publique.

Les mesures nouvelles annoncées par le Premier Ministre auront pour conséquence de diminuer encore le poids des pensions dans le PIB. En reportant la désindexation des retraites, on ampute bel et bien le pouvoir d’achat des retraités

 

Les mécanismes de désindexation sont sans douleur et paraissent souvent incompréhensibles à l’égard des personnes âgées. Ils mettent toutefois en œuvre une machine bien huilée et inexorable. Les montants des pensions à la liquidation devraient certes continuer à augmenter. Toutefois, les pensions vont évoluer moins rapidement que les revenus d’activité et l’écart entre les deux sera plus important dans les scénarios de croissance plus forte. Similaire en 2010 à celui des actifs, le niveau de vie moyen des ménages de retraités n’en représenterait plus que 85 % à 70 % en 2060, selon que les gains de productivité s’élèveront respectivement à 1 % ou 2 % par an.

 

D’ici 2060, le niveau de vie des retraités devrait se situer entre 70 % et 85 % de celui des actifs selon le scénario économique

 

À cette baisse du taux de remplacement due à la seule indexation sur les prix des salaires portés au compte s’ajoute l’effet de l’indexation après liquidation. Une fois leur pension liquidée, la revalorisation sur les prix assure aux retraités un pouvoir d’achat constant. En revanche, ils ne bénéficient plus des effets de la croissance. Une croissance plus rapide se traduit ainsi non seulement par des premières pensions plus basses en proportion du salaire courant, mais aussi par un écart qui se creuse ensuite plus rapidement entre pensions en cours de service et ce salaire courant.

 

On comprend mieux pour quelles raisons les « économistes » ont souvent annoncé que les retraités ont des revenus trop élevés car issus d’accumulation patrimoniale. Trop élevés, par rapport aux actifs, rendus jaloux par ces comparaisons. Il faut donc diminuer les pensions de façon « insensible » pour atteindre l’objectif des pouvoirs publics. On exacerbe les tensions dans une guerre des âges dont les effets sont lisibles dans l’étude de l’INSEE. Dans un univers « presse bouton », il devient facile de comparer la situation d’un actif travaillant depuis une année à celle d’un retraité ayant travaillé toute sa vie.

Ces belles idées trouvent donc leur aboutissement dans la prospective balisée par les multiples réformes des régimes de retraite. Sauf que les actifs deviendront des retraités et qu’ils sont les perdants des mécaniques mises en place…

 

Ceux qui disent « mais pour quelles raisons voulez vous défendre les retraités ?» trouveront une réponse dans l’étude publiée cette semaine.

 

Je vous invite à regarder attentivement les courbes prospectives des tableaux des pages 2 et 3 de l’analyse publiée sous forme de PDF (annexée au bas de cet article).

La tonte des moutons programmée jusqu'en 2060

Exploration de la tête de Plensa

La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice
La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice
La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice
La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice
La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice
La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice
La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice

La Défense des Retraités est indispensable et permanente : à la mairie de Nice

commentaires

Haut de page