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Les retraités selon l’enquête Odoxa

par Guy Muller 14 Décembre 2014, 19:00 Les sites de REFERENCE

 

Un nouveau sondage apporte un éclairage sur la situation des Retraités en France. Il renforce nos convictions sur la nécessité d’éclairer un débat empli d’idées fausses. Surtout dans notre Département où la vision économique met l’accent sur les plus, de peu de retraités face à beaucoup de moins, pour le plus grand nombre.

 

Enquête Retraites volet 1 : le Budget

 

Les retraités ne sont plus considérés comme des privilégiés…

Cette génération a de quoi perdre ses illusions : ses parents étaient censés être des privilégiés ayant bénéficié de la reprise d’après-guerre et d’un niveau de chômage bien inférieur à ce qu’il est aujourd’hui… Une fois la vie active achevée, la réalité n’est pas celle-là et la retraite n’est pas rose. Aujourd’hui, 79% des Français et 77% des retraités  considèrent que « les retraités ne sont pas privilégiés par rapport au reste de la population ».

8 retraités sur 10 évoquent une baisse sensible de leur pouvoir d’achat

Une image qui recoupe une réalité : 81% des retraités déclarent une baisse « sensible » de leur pouvoir d’achat. Une proportion extrêmement élevée, en particulier chez les jeunes retraités (50-64 ans) qui sont 91% à parler de baisse sensible. Les non retraités anticipent quasiment tous une baisse du pouvoir d’achat au moment de la retraite : 89% l’évoquent.

 

Les deux tiers des retraités rognent sur les achats plaisir

Pour faire face à cette baisse de niveau de vie, les retraités doivent consentir à certains sacrifices au quotidien. Premier poste : « l’achat plaisir » sur lequel les deux tiers des retraités font des économies. Suivent les sorties (50%), les vacances (42%), la nourriture (15%) et le logement (4%).

 

La moitié des retraités ont mis de l’argent de côté pour la retraite

De nombreuses enquêtes ont montré l’évolution des Français au sujet des retraites : très attachés au système par répartition, ils sont, depuis les années 2000, de plus en plus en plus favorables à une part de capitalisation. En dépit de la crise économique les Français sont d’ailleurs plus de la moitié à mettre de l’argent de côté (34%) ou à avoir l’intention de le faire (18%). Les 50-64 ans sont proportionnellement les plus nombreux à mettre de l’argent de côté (44%), mais pas moins du tiers des 25-34 ans le fait déjà. Ces chiffres recoupent ceux enregistrés auprès des retraités qui sont 53% à avoir mis de l’argent de côté pour leur retraite et, comme les actifs, ils ne comptent absolument pas sur la solidarité inter-générationnelle !!

 

L’assurance-vie placement préféré en vue de la retraite

L’assurance-vie confirme dans cette étude son statut de placement préféré des Français : 80% des retraités l’ont choisi devant le PEA (37%), les placements immobiliers ou locatifs (34%) et le PERP (10%).

L’assurance vie est également citée en premier par les non retraités mais de manière moins massive (53%). Créé en 2003, le PERP est logiquement beaucoup plus cité par les non retraités et séduit près du tiers d’entre eux (32%) à quasi égalité avec les placements immobiliers ou locatifs (28%) et devant les PEA.

Les retraités selon l’enquête Odoxa Les retraités selon l’enquête Odoxa

Enquête Retraites volet 2 : les loisirs et la vie sociale

 

Activités et loisirs : mieux que prévu pour 88% des retraités

Les non retraités ont une vision juste de la vie des retraités : les choses ne sont pas facile côté « santé » et « argent », mais la période leur semble faste en termes d’activités et de loisirs, 76% des non retraités l’imaginent, 88% des retraités le vivent !

Le bien être des retraités ne fait pas de doute, cependant l’enquête confond trop les loisirs et l’activité. Nous sommes nombreux à combler nombre de carences dans l’organisation de la société. D’où ce constat qu’une occupation  de solidarité correspond à un loisir.

 

Une confusion fréquente entre loisirs, activités, occupations

Parmi ces activités «nouvelles », le jardinage et le bricolage sont des activités nettement plus pratiquées par les retraités (78% contre 54% des non-retraités). Toutefois le sondage omet de dire que le jardinage et le bricolage sont des activités qui permettent de suppléer au manque d’argent… Inclure ces activités dans les loisirs est-ce honnête et exact ?

Dans la catégorie  des « loisirs », les voyages et les activités familiales sont aussi pratiqués de manière beaucoup plus régulière par les retraités (74% contre 56% des non-retraités). Il faut noter que dans la première partie de l’enquête Odoxa, les voyages constituaient un des chapitres rognés par 42% des retraités. Garder les enfants, les éduquer, remplacer des parents absorbés par la vie active, c’est aussi remplir une fonction qui évite le décrochage scolaire, l’emprise des bandes, la dépendance vis-à-vis des drogues.  

La retraite n’est pas seulement synonyme d’oisiveté et s’occuper des autres n’est pas un vœu pieux : 48% des retraités se livrent à du bénévolat contre 28% des non-retraités. Nous savons que nombre de retraités s’occupent de la gestion des copropriétés, là encore pour diminuer les coûts… Ils s’investissent dans des organisations caritatives et soutiennent ceux qui sont isolés à domicile et en maison de retraite.

 

Les retraités sont aussi des personnes qui deviennent âgées

 La deuxième partie de l’enquête apparait donc instructive en ce qu’elle prolonge bien des idées toutes faites. Nombre de loisirs  sont loin d’être de purs loisirs au sens entendu généralement par les actifs.  Enfin la place importante prise par les maux liés à l’âge est complètement ignorée. La diminution de la validité, une difficulté croissante à accomplir des actes simples de la vie courante, sont des situations qui obèrent progressivement le capital « loisirs ».

 

Les retraités se sentent mieux qu’avant de manière indéniable, mais se jugent « mis de côté »

Donner du temps aux autres, tout en disposant de moments pour soi et sa famille, voilà sans doute l’une des clefs de l’épanouissement des retraités qui se disent tous plus disponibles (97%), libres (97% également) et détendus (96%). Ils sont même 83% à être « mieux dans leur peau » que lorsqu’ils travaillaient. Là aussi, les projections sont justes : les non retraités espèrent largement ce bénéfice « bien-être ».

 

Les retraités selon l’enquête Odoxa Les retraités selon l’enquête Odoxa

 

Enquête Retraites volet 3 : famille et aides

 

Si les relations familiales apparaissent comme un avantage de la vie de retraité, les finances sont bien l’ombre au tableau. Le premier volet a montré les difficultés pécuniaires éprouvées au moment du passage à la retraite. La majorité des Français (56%) se débrouille pour ne pas avoir besoin de soutien financier de leurs descendants ou de leurs ascendants. Mais, en dépit de leur baisse de niveau de vie, les retraités aident deux fois plus souvent les non retraités que l’inverse (29% contre 14%). Cela signifie que l’aide intergénérationnelle s’effectue dans les deux tiers des cas (67%) des retraités vers les non retraités. Evidemment, plus le niveau de revenu des retraités est élevé, plus ils aident leur famille, mais il est surtout remarquable d’observer que quel que soit le revenu, les retraités sont toujours beaucoup plus nombreux que les non retraités à apporter leur aide.

 

Un bémol toutefois à ce tableau : les retraités ont beau être actifs et s’investir dans la vie de la cité, les trois quarts d’entre eux ont le sentiment que la société les met « de côté ».

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