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Les nouveaux indicateurs de richesse

par Guy Muller 4 Novembre 2015, 18:50 Les articles de Référence

Les nouveaux musées contribuent à notre richesse : musée des Confluences de Lyon, Fondation Louis Vuitton à Paris, Musée de Caumont à Aix en Provence
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Les nouveaux musées contribuent à notre richesse : musée des Confluences de Lyon, Fondation Louis Vuitton à Paris, Musée de Caumont à Aix en Provence

 

Régulièrement, nous sommes informés de la recherche d’indicateurs pertinents, susceptibles de remplacer le PNB-PIB. C’est ainsi que sous la Présidence précédente, un rapport avait été demandé, à l’économiste Stiglitz. Il n’a pas eu de suite.

Une nouvelle tentative vient d’être réalisée par le gouvernement actuel dont le propos est présenté dans un rapport de 74 pages. Dix nouveaux indicateurs sont donc choisis pour servir de ligne de conduite à l’ensemble des pouvoirs publics.

 

Ces nouveaux indicateurs sont les suivants :

 

TAUX D’EMPLOI

EFFORT DE RECHERCHE

ENDETTEMENT

ESPÉRANCE DE VIE EN BONNE SANTÉ

SATISFACTION DANS LA VIE

INÉGALITÉS DE REVENUS

PAUVRETÉ EN CONDITIONS DE VIE

SORTIES PRÉCOCES DU SYSTÈME SCOLAIRE

EMPREINTE CARBONE

ARTIFICIALISATION DES SOLS

Les personnes intéressées par le contenu de ce rapport peuvent se le procurer en suivant le lien :

L’ensemble des indicateurs n’affiche pas toujours un bon score, mais il semble utile de suivre dans le temps, les efforts réalisés dans une approche qui nous sorte du « french bashing » habituel. Nous nous plaignons trop souvent à tort en ne recourant pas aux indicateurs favorables qui nous donneraient un bon classement en Europe. C’est ainsi que des surprises de taille nous attendent dans plusieurs domaines.

 

L’espérance  de  vie  en  bonne  santé

 

L’espérance de vie. En vingt ans, l’espérance de vie des femmes a progressé de 3,6 ans, celle des hommes de 5,4 ans. La France se trouve bien au-delà  de la  moyenne  européenne, pour  les  femmes à 85,5 (83,3  ans  pour  l’UE)  comme  pour  les  hommes à 79,3  (77,8  ans).  L’Espagne  et  la  France  se distinguent par une espérance de vie à 60 ans de plus de 27 ans pour les femmes en 2012, soit la plus élevée de l’UE. Trois autres pays européens se partagent, avec la France, la première place pour l’espérance de vie à 60 ans des hommes : outre les Espagnols, les Italiens et les Suédois, comme les Français, peuvent espérer vivre encore 22,6 années au-delà de 60 ans.

L’espérance de vie en bonne santé à 65 ans est également nettement supérieure en France par rapport à la moyenne de l’UE en 2013. En France métropolitaine, l’espérance de vie en bonne santé à la naissance se situait nettement  au-dessus  de  la  moyenne  de  l’UE en  2013  (61,4  ans  pour  les  femmes  et  61,5 ans pour les hommes). L’écart entre les hommes et les femmes est quasiment inexistant en Europe, contrairement à la France, où il s’établit encore à 1,4 an, au bénéfice des femmes.

 

Pauvreté en conditions de vie

 

La pauvreté en conditions de vie, ou privation matérielle, désigne une situation de difficulté économique durable. Selon Eurostat, une personne s’y trouve lorsqu’elle cumule au moins 3 privations ou difficultés matérielles parmi les 9 de la liste suivante :

  • avoir eu des arriérés de paiement d’un loyer, d’un emprunt hypothécaire ou de factures d’eau/gaz/électricité dans les 12 derniers mois ;

  • ne pas pouvoir chauffer son logement ;

  • ne pas pouvoir faire face à des dépenses imprévues ;

  • ne pas pouvoir consommer de la viande ou une autre source de protéines au moins tous les 2 jours ;

  • ne pas pouvoir s’offrir une semaine de vacances hors du logement ;

  • ne pas posséder un téléviseur couleur ;

  • ne pas posséder un lave-linge ;

  • ne pas posséder une voiture personnelle ;

  • ne pas posséder un téléphone.

 

En 2014, la privation matérielle concerne 12% des individus vivant en France métropolitaine. En 2013, le taux de pauvreté en conditions de vie est très inférieur en France à la moyenne européenne (19,6%), ainsi qu’à celle de la zone euro. En particulier, l’Italie (24%), le Royaume-Uni (17,4%) et l’Espagne (16,9%) affichent des taux de privation très supérieurs à celui de notre pays.

En 2013 et 2014, alors que la croissance reste atone, le taux de privation matérielle a donc diminué, pour atteindre son niveau le plus bas jamais établi. Elle baisse progressivement avec l’âge, en raison de l’accumulation des biens et de l’amélioration des revenus au cours du cycle de vie, et sous l’effet de notre système de retraite. Le taux de privation matérielle des plus de 65 ans est ainsi très faible : 7,1%.

Les inégalités de revenu

 

La fiscalité et la redistribution sociale diminuent fortement les inégalités. Elles ont largement atténué les effets de la crise de 2008. De nouvelles dispositions ont diminué l’écart entre les revenus : fiscalisation devenue progressive, modifications apportées au quotient familial, CMU complémentaire, généralisation des complémentaires, augmentation de prestations…

En 2013 (dernière année disponible), l’écart de revenus s’établit à 4,3 en France contre 4,6  en  2012. Cette  forte  baisse  de  6%  permet  ainsi  d’effacer  l’augmentation  des inégalités constatée depuis le début de la crise de 2008.

En 2013, l’écart de revenus s’établissait à 5 dans la zone euro et l’Union européenne, soit nettement au-dessus du niveau français. Avec des ratios inférieurs à 3,6, la Norvège, la République tchèque et la Finlande sont les trois pays où l’écart est le plus faible. À l’inverse, la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie sont les pays avec les plus forts écarts de revenus. L’Espagne et l’Italie présentent également des niveaux élevés d’inégalités (respectivement à 6,3 et 5,7), tandis qu’en Allemagne, les inégalités sont légèrement supérieures au niveau français (4,6).

 

Les sorties précoces du système scolaire

 

Le décrochage scolaire est un indicateur beaucoup plus important que le classement International des grandes écoles ou celui de PISA. En effet les résultats supérieurs obtenus ailleurs le sont au détriment d’une importante population sortie des statistiques.

D’ores et déjà, le taux de diplômés de l’enseignement supérieur des 30-34 ans s’élève en France à 44%. Il est en progression de plus de 10 points depuis le début des années 2000. La France se situe ainsi nettement au-dessus de la moyenne européenne (38%). La stratégie nationale de l’enseignement supérieur fixe néanmoins un objectif plus ambitieux en portant à 60% la part d’une classe d’âge diplômée de l’enseignement supérieur.

Le décrochage est en France nettement inférieur à celui observé en moyenne dans l’Union européenne (8,5% pour la France contre 11,1% pour l’Europe en 2014). Ce taux est globalement très élevé dans le Sud de l’Europe, en particulier en Espagne (21,9%) et en Italie (15,0%) ; mais il est aussi plus élevé au Royaume-Uni (11,8%) et en Allemagne (9,5%).

En 2014, en France métropolitaine, 8,5% des Français âgés de 18 à 24 ans ne possèdent pas de diplôme (ou seulement le brevet des collèges) et ne sont pas en situation de formation. Les hommes sont plus nombreux à quitter les études initiales sans diplôme : la part des sortants précoces est de 2,1 points plus élevée chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes.

La satisfaction dans la vie

 

Bien que ce critère soit subjectif, il appartient à un ensemble de sondages sur la satisfaction ou l’insatisfaction, éprouvée par les agents économiques, dont les chefs d’entreprise, les responsables de PME, les consommateurs… Il est toujours employé au Bouthan en tant qu’élément « du bonheur brut »

En dépit d’un sentiment d’abaissement lié à notre perte d’influence dans le monde et largement relayée dans la communication des médias, les français sont plutôt satisfaits de leur sort. A cet égard, la perte de l’Empire, des colonies, sont des éléments de notre grandeur disparue. Plusieurs des critères énoncés dans l’étude corrigent l’ancienne sensation du « paradis perdu » : la réduction des inégalités, de la pauvreté, l’allongement de la durée de vie, la scolarité gratuite et longue, l’aide à la recherche, un endettement des ménages faible. Toutefois la présence d’un chômage de masse reste le point faible de notre pays. Il agit comme un destructeur de confiance.

L’indicateur de satisfaction pour 2013, place la France juste en dessous de la moyenne européenne 7,0 contre 7,1, devant notamment l’Espagne (6,9) ou l’Italie (6,7). Les pays du Nord (Finlande, Danemark, Suède) se trouvent dans le trio de tête. L’Allemagne et le Royaume-Uni ont un score de 7,3, l’Autriche de 7,8. La Bulgarie (4,8) est le seul pays à avoir un score inférieur à 5.

 

Il est bon de rappeler que le particularisme français a été construit volontairement par des majorités différentes. S’il comprend des excès, il a cependant développé des institutions qui fondent le vivre ensemble de la Nation. Un système de Sécurité Sociale envié, une scolarité gratuite, des retraites plus élevées que la moyenne, des aides multiples favorables à la natalité, dont le quotient familial.

La conséquence de la mise en œuvre de ces politiques a toujours été de diminuer l’impact des crises économiques vis-à-vis de la population ayant les plus faibles revenus, y compris pour la dernière en date, celle de 2008.

Mais parmi les absences dans les indicateurs correctifs du PNB, on doit souligner l’absence de la prise en compte de la contribution des seniors à l’enrichissement du pays. Ce sont eux qui emplissent l’espace des associations, gèrent les copropriétés, s’occupent des enfants et petits-enfants, participent à leur éducation, à leur ouverture d’esprit, s’occupent aussi de leurs ascendants malades.

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