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Une autre guerre des âges (suite)

par Guy Muller 14 Juin 2016, 10:02 Les articles de Référence

La banque alimentaire des Alpes Maritimes
La banque alimentaire des Alpes Maritimes

La banque alimentaire des Alpes Maritimes

 

Après avoir traité des aspects psychologiques de la nouvelle guerre des âges, (dont le plagiat inversé du livre de Jérôme Pellissier), nous abordons les rivages financiers qui conduisent à différencier la population des croisiéristes, de celle de l’immensité de la population des retraités dont le sort a été volontairement abaissé ces dernières années.

 

Rappel des réformes passées

 

Il ne faut pas remonter bien loin pour évoquer les principales mesures récessives adoptées:

  • La désindexation des retraites par rapport à celle des actifs,
  • La suppression de la demi-part des veuves et des veufs,
  • Les cinq réformes successives du régime des retraites,
  • La mise en œuvre d’un malus pour les périodes non travaillées, malus supprimé à 67 ans,
  • L’augmentation de la durée d’activité portée progressivement à 43 ans,
  • La forte augmentation des cotisations aux mutuelles et les déremboursements de médicaments.

 

La conséquence de ces réformes est expliquée par l’INSEE dans deux études publiées en 2015. Quel que soit le nombre de retraités par rapport au PIB, leur revenu sera contraint à représenter entre 14 et 11,2% du PIB, même s’il y avait plus de 25% de retraités.

Les pensions des retraités seront contenues à 14% du PNB d’ici à 2060

Les pensions des retraités seront contenues à 14% du PNB d’ici à 2060, grâce aux diverses réformes, effectuées ces dernières années. Nous savons que la menace « grise » est à la base de nombreux phantasmes, tout comme les calculs savants prouvant une augmentation continue du nombre de vieux. Or l’âge de la vieillesse est un critère important qui comme celui de la retraite, fait l’objet de reports successifs. Alors que de nombreux pays se battent pour rendre leurs frontières intangibles, l’âge du retrait est reporté de façon inexorable, pour que la marée grise ne progresse pas.

Si on avait conservé l’intégralité des règles qui ont prévalu jusqu’au milieu des années 1980, cette part se serait élevée à près de 21 points de PIB en 2060, selon des simulations effectuées à l’aide du modèle Destinie 2 de l’Insee. Avec l’ensemble des modifications intervenues depuis, jusqu’à la réforme de 2014 et les derniers accords Agirc-Arrco, cette part se limiterait à environ 14 points, si on retient une hypothèse d’évolution annuelle de la productivité de 1,3 % à moyen et long termes.

Une autre guerre des âges (suite)

Des Désindexations diverses et variées

 

Parmi les facteurs de cette modération de l'évolution des retraites les règles d’indexation jouent un rôle majeur. Depuis la fin des années 1980, c’est l’indice des prix qui sert à revaloriser les pensions en cours de service dans le secteur privé, ainsi que les salaires dits « portés aux comptes », ceux sur la base desquels se fait la liquidation. Ce principe a été confirmé par la loi de 1993. La loi de 2003 a étendu le mode d’indexation sur les prix aux pensions de la fonction publique.

Les mesures nouvelles annoncées par le Premier Ministre auront pour conséquence de diminuer encore le poids des pensions dans le PIB. En reportant la désindexation des retraites, on ampute bel et bien le pouvoir d’achat des retraités

Les mécanismes de désindexation sont sans douleur et paraissent souvent incompréhensibles à l’égard des personnes âgées. Ils mettent toutefois en œuvre une machine bien huilée et inexorable. Les montants des pensions à la liquidation devraient certes continuer à augmenter. Toutefois, les pensions vont évoluer moins rapidement que les revenus d’activité et l’écart entre les deux sera plus important dans les scénarios de croissance plus forte. Similaire en 2010 à celui des actifs, le niveau de vie moyen des ménages de retraités n’en représenterait plus que 85 % à 70 % en 2060, selon que les gains de productivité s’élèveront respectivement à 1 % ou 2 % par an.

D’ici 2060, le niveau de vie des retraités devrait se situer entre 70 % et 85 % de celui des actifs selon le scénario économique.

Une deuxième étude confirme la régression de la part des retraites dans le PIB à 11,2%

 

La Commission européenne coordonne à intervalles réguliers des projections harmonisées des dépenses publiques liées au vieillissement. Dans ce cadre, la direction générale du Trésor et l’Insee ont réalisé les projections de dépenses de retraites pour la France. Les hypothèses macroéconomiques et démographiques sont celles établies par le groupe de travail européen sur le vieillissement (Ageing Working Group - AWG) et par Eurostat.

 

(Grâce) ! aux réformes adoptées depuis plus de vingt ans, la part des dépenses de retraites dans le produit intérieur brut (PIB) devrait baisser de manière marquée entre 2013 et 2060 (– 2,6 points). La France se trouverait ainsi dans une position relativement favorable par rapport à ses partenaires européens pour faire face au vieillissement de sa population.

 

De 2025 à 2060, le poids des dépenses de retraites devrait décroître jusqu’à 11,2 % du PIB

 

Dans une troisième phase, allant de 2025 à 2040, les nouvelles pensions de retraite resteraient modérées. D’une part, la réforme de 2014 prévoit l’augmentation progressive de la durée de référence pour pouvoir bénéficier du taux plein (jusqu’à 43 ans à partir de la génération 1973) ; cette augmentation devrait limiter la croissance des pensions.

 

D’autre part, les autres réformes (notamment celle de 1993) continuent de produire des effets et, par rapport aux générations plus anciennes, les nouvelles générations auront eu des carrières plus fragmentées et ainsi acquis moins de droits à la retraite. Parallèlement, le recul du chômage sur la période et l’accélération de la productivité viendraient alléger le poids des pensions rapportées au PIB. Au total, les taux de couverture et de remplacement macroéconomique baisseraient sensiblement sur la période.

 

Enfin, dans une quatrième phase, à partir de 2040, le poids des dépenses de retraites devrait continuer de baisser. La pension moyenne relative aux revenus d’activité poursuivrait son recul. En effet, d’une part, la progression des pensions serait modérée du fait notamment de l’indexation sur les prix du salaire porté au compte et des pensions, ainsi que de la croissance modeste de la productivité passée et de la décrue lente du chômage sur la période précédente.

 

D’autre part, la croissance des revenus d’activité serait plus dynamique à partir de 2040, en lien avec une croissance de la productivité plus élevée. Selon les projections établies en 2013, la population française continuerait de croître à un rythme soutenu pour atteindre 76 millions de personnes en 2060. Cette croissance serait portée par un nombre élevé de naissances : plus de 2 enfants par femme jusqu’en 2030, contre environ 1,6 en zone euro.

 

Ainsi, la France conserverait une population relativement jeune en comparaison de ses voisins européens : la part des personnes âgées dans sa population, mesurée par le ratio de dépendance, serait l’une des plus faibles d’Europe à l’horizon 2060, et ce malgré une espérancede vie relativement élevée par rapport aux autres pays.

La réalité des retraites

 

La France comptait fin septembre plus de 13,8 millions de retraités du régime général (anciens salariés du privé), selon les chiffres dévoilés par l'Assurance retraite.

 

La France comptait fin septembre plus de 13,8 millions de retraités du régime général (anciens salariés du privé), la pension moyenne de base s'élevant à 1.066 euros par mois, selon les chiffres de l'Assurance retraite. Sur les 13,82 millions de retraités du privé recensés par la Cnav (caisse nationale d'assurance vieillesse) au 30 septembre 2015, la grande majorité (11 millions) perçoit des pensions de droit direct, c'est-à-dire en échange de leurs années cotisées.

En moyenne, ces retraités touchent 664 euros par mois, que leur carrière soit complète ou non, avant prélèvements sociaux et hors régimes complémentaires. Pour ceux qui profitent du taux plein (carrière complète), le montant mensuel de la pension atteint en moyenne 1.066 euros. Il faut ensuite ajouter à ce montant les pensions versées par les régimes de retraite complémentaire Agirc et Arrco, qui peuvent représenter jusqu'à plus de la moitié de la pension complète pour les cadres.

 

Près de deux millions de personnes (1,9 million) bénéficient à la fois d'un droit direct et d'un droit dérivé (pensions de réversion versées aux veufs et veuves), pour un montant moyen mensuel de 805 euros pour toutes les carrières, et de 1.094 euros pour les carrières complètes. Un peu moins d'un million de retraités (820.000) ne touchent qu'une pension de réversion du régime général de 287 euros par mois en moyenne environ.

 

La Cnav recense en outre 4,9 millions de bénéficiaires du minimum contributif, attribué aux pensionnés ayant droit à une retraite à taux plein mais ayant perçu des salaires trop modestes pour leur apporter une pension suffisante. On compte par ailleurs quelque 429.000 allocataires du minimum vieillesse alloué aux personnes ayant peu ou pas cotisé. Au total, d'octobre 2014 à septembre 2015, l'Assurance retraite a versé 109,65 milliards d'euros de prestations..

Ces évolutions montrent que les pouvoirs publics comptent sur l’accroissement des revenus du patrimoine et donc de l’épargne des futurs retraités, pour remplacer la diminution programmée des retraites. Loin de diminuer les écarts de patrimoine entre jeunes et vieux, les politiques désirent les accroître… Encore faut-il pouvoir épargner, alors que les politiques actuelles  de dérégulation, ont pour effet d’augmenter les inégalités !

Photos de la Banque Alimentaire des Alpes Maritimes
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