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A la recherche du temps perdu

par Guy Muller 20 Mars 2020, 18:12 Editoriaux

A la recherche du temps perdu
A la recherche du temps perdu
A la recherche du temps perdu
A la recherche du temps perdu

La gestion de cette crise est à l’image de la politique menée sur d’autres fronts : un assemblage d’amateurisme et d’arrogance. Les simples citoyens ont été privés des débats nécessaires sur les choix à faire. Qu’il s’agisse de la réforme du chômage et de celle des retraites une politique de communication exclusive a cherché à convaincre la population des bienfaits d’un bougisme tenant lieu de politique.

Le 6 mars, Emmanuel Macron allait au théâtre, déclarait que « la vie continue » et qu’il ne fallait pas modifier les habitudes de sortie. Le 12, il annonçait la fermeture des établissements scolaires. Le 14, Edouard Philippe annonçait celle des établissements de loisir. Le 15 se tenaient les élections municipales. Le 16, un confinement général était proclamé.

Le gouvernement n’a pas profité des deux derniers mois pour élaborer un plan B : faire des provisions suffisantes de masques, de respirateurs, réparer un système hospitalier malmené depuis des années par les restrictions budgétaires pour le cas où la pandémie frapperait le pays. La politique à l’égard du coronavirus est à l’image de celle menée sur d’autres fronts : un mélange d’amateurisme et de priorités autres. L’acceptation de l’emploi de produits chimiques, l’augmentation continue des dépenses militaires, nos interventions extérieures, ont pour effet d’annihiler toute autre alternative. La politique ainsi soumise à la pression des lobbys s’avère désastreuse vis à vis de populations dont l’abaissement du revenu devient une contrainte permanente.

A la recherche du temps perdu
A la recherche du temps perdu
A la recherche du temps perdu

La baisse du nombre de lits, tendance lourde des dernières décennies, accentue la crise sanitaire

 

Nous sommes passés de 1975 à 2013, de 11 lits par 1000 habitants à 6.5 lits. La suppression de 17 000 lits dans les hôpitaux, dont plus de 4 000 sous l’ère Macron montre le niveau d’aveuglement des responsables politiques. Les crises de recrutement des médecins, infirmiers, aides-soignants renforcent ce sentiment d’un bateau à la dérive.  D’où un système sous-dimensionné face à la dynamique de l’épidémie actuelle. Enfin, si nous sommes en guerre contre le virus, n’est-il pas absurde d’avoir voulu augmenter nos dépenses militaires et nos interventions pour soutenir des régimes dictatoriaux.

 

Notre époque se caractérise à la fois par une approche rationnelle du risque et par un manque : l’impossibilité d’imputer les nuisances à des causes externes. Par exemple, pour expliquer les épidémies, voire les épizooties, on a volontiers dénoncé les agissements de catégories de populations marginalisées (vagabonds, gens du voyage, juifs, mendiants ou prostituées). Ainsi, les « indésirables » étaient frappés d’anathème et chacun avait l’impression de pouvoir se protéger. De l’enfermement à l’ostracisme en passant par la stigmatisation, les possibilités de remédier à la menace existaient.

Toutefois, le monde a changé et, avec lui, la menace aussi. Nous sommes désormais à l’ère de la mondialisation du risque. La propagation du coronavirus n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’empire du monde des hommes et du caractère hyperconnecté de nos sociétés contemporaines : mondialisation, circulation des flux, tourisme, migrations, échanges internationaux.

 

Les personnes âgées cibles et victimes prioritaires
 

Au-delà de la limite d’âge de 70 ans, les personnes âgées cumulent les vexations, privations, exceptions ciblées. Au-delà de cette limite, notre ticket n’est plus valable. Quel que soit le champ des réformes, elles concernent en premier la population la moins active, celle des retraités qui subissent les conséquences :

  • De la diminution du nombre de lits dans les hôpitaux,
  • De la diminution des personnels médicaux et de soins,
  • Un des taux d’encadrement les plus faibles d’Europe en maison de retraite,
  • Des augmentations de taxes : CSG et autres,
  • Un accroissement de la fiscalité par la perte de la demi-part et le plafonnement des 10% d’abattement,  
  • Des réformes nouvelles pour diminuer encore toutes les pensions, dont celles de réversion.

 

Demain, face à l’urgence due à l’impréparation de notre système de santé, les personnes âgées seront les premières victimes d’un tri à l’entrée des hôpitaux. La priorisation de la lutte contre le coronavirus entraîne la déprogrammation d’autres urgences et le report de certains soins notamment en oncologie. En matière d’AVC, l’âge était déjà devenu un facteur de différenciation où la notion d’urgence varie selon l’âge.

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