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En Marche Funèbre : le compteur au 28 avril

par Guy Muller 28 Avril 2020, 17:38 Flash

C’est un terrible décompte que nous présentons ici et qui consiste à compter le nombre de morts et son pourcentage par rapport à la population concernée. Il a fallu une semaine pour connaitre les premiers chiffres au sein des EHPAD, avec un premier chiffrage de 4150 morts dans 4 000 maisons de retraite sur plus de 7 000. Nous ne connaissons pas le nombre de décès à domicile mais nous avons des informations via les Etats-Civils des mairies. Cependant nous savons déjà que des maladies chroniques ne sont plus soignées en oncologie, cœur (AVC), difficultés rénales.


Ce jour nous enregistrons 8796 victimes en EHPAD sur 750 000 résidents. Le taux de décès est de 1.173%. Dans les hôpitaux 14 497décès ont été déclarés pour 67 millions d’habitants soit 0,0216%. Le surcroit de mortalité parmi les personnes âgées est 54 fois plus important que dans le reste de la population, contre 44 fois au début de nos calculs. Mais ces chiffres sont dépassés avec le nombre de morts à domicile, ainsi que les conséquences des reports de soins. La rupture des visites familiales a des effets négatifs au plan de moral des personnes confinées. Mais le principal risque est celui de voir des personnes âgées mourir de faim. Souvent les visiteurs prennent en charge d’autres personnes et leur évitent un phénomène dit de glissement. C’est le dégout de la vie qui abrège les vies des seniors. Le confinement ajoute donc à ces horreurs du quotidien.

 

Le gain économique réalisé du fait des décès sera donné par la formule suivante :

                    Nombre de morts Âgés x 1500 euros x par 12 = X

L'efficacité des systèmes de santé

L'efficacité des systèmes de santé

Le manque organisé de médicaments

Les médicaments qui manquent sont ceux qui ne sont pas chers

Pour le praticien, cette situation de pénurie a été « volontairement organisée par les laboratoires pharmaceutiques ». « En 2008, la pénurie concernait une vingtaine de médicaments ; en 2018, elle concerne 800 produits ! En 10 ans, ça a été multiplié par vingt », dénonce le professeur Astier.

Les tensions sur les curares, nécessaires en réanimation, existent depuis des années. Et quand leur usage explose à cause du grand nombre de malades, on frôle la catastrophe. « Étonnamment, tous les médicaments qui manquent, antibiotiques, anticancéreux, curares entre autres, ce sont des médicaments efficaces mais un peu anciens, qui peuvent être produits en génériques. Ce ne sont jamais les médicaments chers qui sont les vaches à lait des labos ».

Mais ce qui met le professeur Astier en colère, c'est que tout cela est le fruit d’une politique des laboratoires pharmaceutiques et des gouvernements successifs. « Les labos ont délocalisé massivement dans les années 2000-2005 pour faire plus de profit. Les matières premières comme les médicaments sont fabriqués en Inde et en Chine. J’en veux à Sanofi, notre géant français, qui n’a pensé qu’à minimiser ses coûts. Et les gouvernements ont laissé faire sans penser aux dépendances que cela engendrait ».

La tendance à réduire les stocks pour réduire les coûts a contribué aussi à l’organisation de la pénurie. « On a eu des petits cons d’auditeurs de l’APHP qui débarquaient dans nos hôpitaux et qui assénaient : "Il faut travailler en flux tendu, les stocks c’est de l’argent immobilisé !" Sauf que l’hôpital n’est pas une entreprise… Les conséquences de cette politique explosent au grand jour ».

 

Brûlez les masques ou utilisez-les pour faire de la peinture

Et la pénurie de masques fait bondir le pharmacien. « A Henri-Mondor, on stockait 250 millions de masque pour le compte de l’Eprus, l’établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires, sur le milliard six-cent millions de masque du stock Bachelot. Quand ils sont arrivés à péremption, on leur a demandé ce qu’on en faisait. Ils nous ont dit : « Brûlez-les ou utilisez les pour faire de la peinture ! » Et on les a détruit… On a sciemment organisé le manque. Je peux vous dire que le stock de pilules d’iode en cas d’accident nucléaire a fondu comme le reste. Bien sûr, on ne peut pas avoir tout avec des stocks importants. Mais un virus pulmonaire, on sait que c’est un risque important, des rapports en parlaient régulièrement ».

Pour le professeur Astier, cette pénurie explique le nombre élevé de morts en France. « Mes collègues Allemands ne comprennent pas pourquoi le nombre de décès est si élevé. C’est simple : en Allemagne, il y a plus de tests, plus de masques, plus de lits de réanimation. C’est tout, c’est une question d’organisation. Et devant cette pénurie, on a menti aux Français sur l’importance de porter un masque. Il faut qu’une enquête soit ouverte, que les responsables de cette imprévoyance organisée soient retrouvés ».

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