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Alzheimer : des médications souvent inutiles

par Guy Muller 16 Juin 2011, 11:42 Les sites de REFERENCE

 

Médicaments, alzheimer et conflits d’intérêts

La défense des personnes âgées présente de nombreux aspects souvent négligés à cause de la dispersion des organismes qui sont censés les défendre. La surmédicalisation a pour conséquence 130 000 hospitalisations et 16 à 18 000 décès. Dans certains cas de nouvelles pathologies sont créées de toutes pièces sans que l’intérêt des malades soit pris en compte. Les corps sont donc pris pour des terrains d’expérience en attendant les dégâts provoqués par les nouveaux médicaments.

C’est donc tout à l’honneur de « Formindep » et de la revue « Prescrire » de conduire des actions visant à distinguer le vrai du faux, face à des laboratoires très influents. L’affaire du « Médiator » n’est pas l’alfa et l’oméga d’une série d’erreurs due à des conflits d’intérêts. La maladie d’Alzheimer a été au centre des actions entreprises par Formindep à l’encontre de la Haute Autorité de Santé qui vient de déclasser sa directive de 2008.

A la suite de chaque article, les sites référencés sont ajoutés en lien permanent. Il n’est donc pas nécessaire de se souvenir des adresses précises, puisqu’en venant nous rendre visite vous aurez en lien tous les sites ayant fait l’objet d’une étude ou note de lecture.

http://www.prescrire.org/Fr/SummaryDetail.aspx?Issueid=332

http://www.formindep.org/Des-recommandations.html

 

Guy Muller

 

Les médications anti-Alzheimer souvent sans intérêt

Voilà comment en cinq actes la directive du HAS a été abrogée

 

1). Extrait de l’interview de Christian Lehmann sur Médiapart. ils coûtent des sommes criminelles à la sécurité sociale, à côté desquelles le Mediator c'est du pipi de chat. Ces médicaments ne retardent pas l'entrée en établissement spécialisé des patients atteints, ces médicaments n'arrêtent pas leur dégradation. A peine ont-ils permis à certains items sur certains tests d'être un peu meilleurs pendant un bref moment, et ils peuvent entraîner des accidents vasculaires cardiaques et cérébraux graves. On est devant une machine à côté de laquelle le Mediator, ce n'est pas grand-chose même si beaucoup de gens en ont pris.

Pour l'Alzheimer, on a des familles qui viennent voir des gérontologues et qui demandent ce qu'elles peuvent faire pour leurs grands-parents, et qui sont évidemment pieds et poings liés par ce qui leur est dit. On est donc en face de quelque chose de dramatique et on pourra dans quelques années, mais il faudra dix ans, décrypter le document de la Haute autorité de santé sur les anti-Alzheimer qui est sorti il y a un an et demi, un document qui a amené la revue Prescrire à attaquer violemment la Haute autorité de santé sur le conflit d'intérêts de ses experts.

Le document sur les anti-Alzheimer est obligé de reconnaître qu'ils ne ralentissent pas l'entrée en établissement, qu'ils n'améliorent pas les possibilités cognitives des patients mais, dit-il dans un langage extraordinaire, ils permettent de les mettre dans la filière gériatrique, et à cette filière de fonctionner. Autrement dit, pour que demain la dépendance puisse être un juteux marché pour les assurances privées surtout ne mettons pas en cause un médicament qui donne l'illusion aux gens d'être traités, quand ce qui importe autour d'un patient Alzheimer, c'est la qualité de l'accompagnement humain.

 

2) L’avis de Prescrire en juin 2011

Maladie d'Alzheimer : malaises et syncopes sous anticholinestérasique

Les médicaments anticholinestérasiques utilisés chez les patients atteints de la maladie d’Alzheimer entraînent, entre autres, des effets indésirables cardiaques, à l'origine de malaises et de syncopes.

Trois médicaments anticholinestérasiques, le donépézil, la galantamine et la rivastigmine sont largement utilisés en traitement des symptômes de la maladie d’Alzheimer. Leur efficacité est pourtant minime et transitoire, et aucun de ces médicaments n’empêche l’aggravation de la maladie. Leur profil d’effets indésirables comporte entre autres des troubles cardiaques à l’origine de malaises et de syncopes. Ces risques étaient prévisibles par la pharmacologie et ils ont été confirmés par le suivi de pharmacovigilance.

Une étude canadienne a comparé environ 20 000 patients traités par un de ces médicaments à environ 60 000 patients atteints de démence non traités. Une augmentation statistiquement significative des hospitalisations pour syncope a été mise en évidence chez les patients qui recevaient un anticholinestérasique. Des conséquences graves à type de syncopes et de troubles cardiaques ont été plus fréquentes chez les patients qui recevaient des anticholinestérasiques : poses de stimulateurs cardiaques, fractures de hanche. Les bénéfices des anticholinestérasiques sont trop minimes au-delà de l’effet placebo, pour courir les risques de syncopes et leurs conséquences : autant se passer de ces médicaments.

 

3). Le Formindep : dénonce le conflit d’intérêts

Fin 2009, le Formindep, association de 200 médecins pour une « formation médicale indépendante », a déposé un recours en Conseil d’État au sujet des recommandations pour le diabète et Alzheimer. Selon l’association, les recommandations se feraient sans respecter la législation et les règles de gestion des conflits d’intérêts. Elle a ainsi relevé que 3 des 24 experts du groupe de travail sur la maladie d’Alzheimer n’avaient pas déclaré leurs liens d’intérêts, et que, sur les 22 l’ayant fait, 11 ont des liens « étroits » avec des laboratoires fabriquant des médicaments anti-Alzheimer.  

En mars 2008, à la demande de la Société Française de Neurologie, la HAS a été promoteur de la recommandation professionnelle intitulée : « Prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées ». Dans un premier temps, nous avons recensé les professionnels de santé impliqués dans l’élaboration de la recommandation au sein du comité d’organisation et du groupe de travail. Leurs identités sont accessibles à l’avant dernière page de cette recommandation. Puis nous avons recherché la déclaration publique d’intérêts des participants sur le site de la HAS et de l’Afssaps, et complété en recherchant sur Internet d’éventuels liens non inclus dans les déclarations publiques d’intérêts, à partir des mots clefs « investigators, scientific board, advisory board, clinical trial, conflict of interest » intégrés aux moteurs de recherche google, medscape et google scholar.

Nous avons abouti aux résultats suivants. Concernant le comité d’organisation :

- Les déclarations publiques d’intérêts des 5 membres du comité d’organisation n’ont été rendues publiques que le 18 mars 2009 après que le Formindep ait interpellé la HAS . Ces cinq membres présentent des liens d’intérêts directs avec les firmes commercialisant des médicaments indiqués dans les démences. Au moins quatre de ces membres ont des liens d’intérêts qualifiés de majeurs. L’un d’entre eux, le professeur Anne-Sophie RIGAUD, présente un lien d’intérêt non déclaré en tant qu’investigateur d’un essai clinique testant la mémantine, médicament utilisé dans la maladie d’Alzheimer. Cette absence de déclaration ne semble pas respecter l’article L5323-4 du CSP.

- Le professeur Philippe ROBERT est le seul dont la déclaration a été spontanément rendue publique, elle met en évidence des liens majeurs avec les quatre firmes (Eisaï, Novartis, Jansen et Lundbeck) directement concernées par la commercialisation des traitements des démences, en tant que membre de leur comité scientifique.

Concernant le groupe de travail :

- Les déclarations publiques d’intérêts de 3 des 20 membres ne sont toujours pas accessibles en contradiction avec les règles de gestion des conflits d’intérêts de la HAS et l’article L5323-4 du CSP.

- Sur les 17 membres dont la déclaration d’intérêts est accessible, 9 ont déclaré des liens d’intérêts. 6 de ces 9 membres ont des liens d’intérêts considérés comme majeurs par la HAS, dont la plupart sont en relation directe avec les firmes concernées par les traitements des démences.

- Le Professeur Florence PASQUIER, présidente du groupe de travail, déclare des liens d’intérêts majeurs en tant que « conseiller scientifique » des quatre firmes concernées par les traitements de la maladie d’Alzheimer.

4.) Le Conseil d’Etat abroge la recommandation de la HAS sur le diabète de type 2

Par une décision du 27 avril 2011 le Conseil d’État abroge la recommandation de la Haute autorité de santé sur le traitement médicamenteux du diabète de type 2. Il s’agit de la première étape victorieuse du Formindep dans le cadre de son recours déposé le 8 décembre 2009 pour obtenir l’abrogation de deux recommandations de la HAS, sur le diabète de type 2 et la maladie d’Alzheimer, pour non respect des règles de gestion des conflits d’intérêts des experts de la HAS ayant élaboré ces recommandations.

Cette avancée majeure prend une dimension particulière dans le contexte du désastre du Mediator°, provoqué essentiellement par la dépendance incontrôlée des agences sanitaires aux intérêts des firmes. Les recommandations professionnelles de la HAS font maintenant juridiquement grief. Pour éviter d’autres recours citoyens et retrouver une crédibilité, la HAS doit garantir la qualité de leur élaboration en termes de transparence et d’indépendance de l’expertise. C’est la principale leçon de cette première décision du Conseil d’État, dans l’attente de la deuxième à venir pour la recommandation sur la maladie d’Alzheimer.

 

5.) La Haute Autorité de Santé retire sa recommandation, elle envisage de réformer profondément ses pratiques

« Dans le climat actuel de suspicion, nous avons décidé de retirer la recommandation sur Alzheimer pour lever les doutes », explique le Pr Jean-Luc Harousseau, nouveau président de la Haute autorité de santé (Has). Comme le rapporte le Figaro, la maladie d’Alzheimer ne fait plus l’objet de recommandations officielles aux médecins depuis quelques jours. En cause, de potentiels conflits d’intérêt.

 

Une transparence totale sur les liens d’intérêts


Prenant acte de la récente décision du Conseil d’Etat, la Haute Autorité de Santé retire la recommandation sur le diabète de type 2 sur un motif de forme, à savoir la non-exhaustivité des déclarations publiques d’intérêts des experts du groupe de travail. Dans le prolongement de cette décision, la HAS retire la recommandation Alzheimer mise en cause dans une procédure similaire auprès du Conseil d’Etat. La HAS mettra en chantier de nouvelles recommandations sur le sujet après l’été, une fois qu’elle disposera de la réévaluation des médicaments anti-Alzheimer par la Commission de la Transparence prévue en juillet.

 

Vérification des précédentes recommandations

De la même manière, la HAS lance l’analyse de toutes les recommandations élaborées entre 2005 et 2010 pour vérifier qu’elles sont conformes aux règles en matière de déclarations publiques d’intérêt. Cette mission est confiée au groupe Déontologie et Indépendance de l’expertise de la HAS présidée par Christian Vigouroux, conseiller d’Etat. La HAS suivra les conclusions de cette mission et s’engage à retirer immédiatement les recommandations qui seraient concernées et à réinscrire les thèmes à son programme de travail.

  

Durcissement des règles pour mieux gérer les conflits
En 2010, un nouveau guide de gestion des conflits d’intérêts piloté par le Groupe Déontologie marquait un durcissement des procédures de gestion des conflits avec des mesures telles que la publication exhaustive des déclarations publiques d’intérêt au début des travaux et le strict encadrement des experts ayant des conflits majeurs. Dans cette dynamique, la HAS annonce qu’un audit externe de ses procédures de gestion des conflits d’intérêts sera réalisé en 2012. Les conclusions de cet audit seront suivies d’effets et des pistes d’amélioration seront proposées.

 

Les débats de la Commission de la Transparence bientôt en ligne
Pour plus de transparence, la HAS s’engage à retransmettre les débats de la Commission de la Transparence sur son site Internet avec comme premier rendez-vous la réévaluation de la classe des médicaments anti-Alzheimer en juillet. 

 

Les recommandations de la HAS : socle scientifique du système de soins en France...

Ces recommandations dites "de bonne pratique" de la HAS ont une importance majeure dans le système de soins en France. Elles sont censées constituer le socle scientifique sur lequel s’appuie l’ensemble du système de soins. Elles sont utilisées dans la formation universitaire des futurs professionnels de santé, dans la formation médicale continue des médecins, elles servent de références pour la sécurité sociale pour l’élaboration des critères de prise en charge des assurés sociaux ; elles sont utilisables et utilisées par l’assurance maladie dans le cadre de ses relations contractuelles et conventionnelles avec les professions de santé (CAPI, références médicales opposables, etc.). Elles sont perçues par les professionnels de santé, les associations d’usagers, les autorités politiques, etc., comme la référence fiable, la "vérité" scientifique sur laquelle ils pensent pouvoir s’appuyer en toute confiance.

.. et lieu majeur d’influences pour les firmes

Compte tenu de cette importance perçue ou réelle, la qualité de l’élaboration de ces recommandations par la HAS, organisme prétendument "scientifique" et "indépendant", doit être irréprochable, et en particulier les moyens pris pour se protéger des influences commerciales, industrielles ou autres, susceptibles de les biaiser. On mesure l’intérêt extrême pour l’industrie pharmaceutique d’influencer le contenu de ces recommandations à travers ses experts leaders d’opinions manipulés par elle, consciemment ou non, du fait de leurs conflits d’intérêts : à travers des recommandations biaisées par ces conflits, un message promotionnel incitant à des prescriptions inappropriées devient alors une "vérité" scientifique cautionnée par la Haute autorité de santé, qui sera ensuite naturellement diffusée, enseignée, utilisée, promue dans l’ensemble du système de soins. Plus besoin alors pour les firmes de chercher à influencer prescripteurs et patients par d’autres moyens promotionnels puisque l’information est en quelque sorte influencée "à la source".

 

Alzheimer : des médications souvent inutiles

commentaires

Clovis Simard 14/10/2012 03:49

Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.7- THÉORÈME QUANTIQUE. - L'Impressionnisme supérieur à la Science ?

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