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La Délinquance et son évaluation contestée

par muller 11 Juillet 2011, 18:33 Les sites de REFERENCE

La Délinquance : son comptage, son coût et son ressenti

Première Partie

 

Le récent rapport de la Cour des Comptes met l’accent sur les aspects statistiques de la Délinquance. La recherche d’objectifs chiffrés mobilise les forces de l’ordre au détriment d’une véritable politique criminelle. Parmi les arguments avancés, la Cour démontre :

-         Que la régression de faits mineurs masque l’aggravation des dommages aux personnes comme la progression d’une délinquance plus violente ou plus rusée,

-          Que le recensement des faits délictuels ne représente pas la totalité de la délinquance. Le recensement se heurte à une politique du chiffre : inscription sur la main courante, renoncement des victimes face aux petits délits,

-          Que le déploiement des forces de l’ordre est inégal selon les communes qui doivent créer des polices municipales,

-          Que certains progrès sont annonciateurs de catastrophes futures. Ainsi arrêter des dealers  en infraction satisfait le coefficient d’élucidation, mais ne remonte pas les filières des trafiquants.

 

Au-delà de cette analyse, la délinquance doit-être envisagée sous d’autres aspects que le seul comptage quantitatif actuellement effectué. Ce comptage des faits en forme de buchettes omet de prendre en compte la formidable capacité d’adaptation des criminels. Mieux, les autorités publiques ne disposent d’aucun outil offrant la possibilité de connaître le coût du crime… Dans ces conditions l’orientation de la répression sur tel ou tel thème devient une politique aveugle et contre-productive. Vous trouverez ci-dessous les différents visages de la délinquance selon le niveau où on l’observe. Coût économique, personnes âgées, enquêtes de victimisation, classement des villes….

 

Le coût de la Délinquance

L’Institut pour la Justice (Association de la loi de 1901) a demandé à l’économiste Jacques Bichot de réaliser une étude sur le coût du crime et de la délinquance en France. Aucun travail de cette ampleur n’avait encore été accompli sur ce sujet : M. Bichot a pris en compte la totalité des crimes et délits (à l’exception des infractions au code de la route), et comptabilisé les coûts tant directs (préjudice financier et moral pour la victime) qu’indirects (sentiment global d’insécurité, dépenses publiques et privées de sécurité). Cette étude est une première dont vous pouvez consulter l’intégralité en suivant le lien : 

http://www.publications-justice.fr/publications/notes-syntheses/synthese-de-l-etude-le-cout-du-crime-et-de-la-delinquance

Cette étude publiée en avril 2011, présente l’avantage d’ouvrir d’autres pistes que celles balisées par les ministres de l’intérieur successifs. Au lieu de compter les buchettes des faits déclarés, elle s’attache à en chiffrer le coût, prouvant l’inadaptation des politiques de répression. Si le vol donne lieu à 1,8 million de déclarations, il occasionne moins de 10 milliards de dommages. Le crime organisé, avec seulement 200 000 infractions coûte lui, 16 milliards d’euros. Comment se fait-il que la puissance publique abandonne la seule méthode valide qui permettrait la mise en œuvre d’une politique répressive en fonction du montant des dommages causés à l’économie ? Selon Jacques Bichot, aucune étude n’a été réalisée depuis 12 ans pour étayer les actions contre la délinquance sur son coût. Autrement dit aucune unité d’œuvre ne permet de valider les actions des forces de l’ordre en fonction du critère investissement/gain sur investissement.

Une évaluation prudente conduit l’auteur à chiffrer à 115 milliards d’euros le coût total de la criminalité pour la période Juillet 2008 – juin 2009, ce qui représente 5,6 % du PIB. Le préjudice personnel et collectif de l’insécurité au sens large (violences et vols de toute nature) s’élève à près de 62 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 6 milliards de dépenses de protection privée, ainsi que 12 milliards de fonds publics alloués à la police, la gendarmerie et la justice.

Sans les infractions au code de la route ni les infractions contraventionnelles ni les incivilités, mais en comptant les fraudes qui amenuisent les recettes du fisc et de la sécurité sociale, une évaluation prudente conduit à 115 milliards d’euros pour le coût des crimes et délits pour la période Juillet 2008 – juin 2009. Cette somme représente 5,6 % du PIB. Autrement dit, si la France était peuplée uniquement de personnes respectueuses des lois, à PIB égal le niveau de vie du Français moyen serait supérieur d’environ 5,6 %. Le crime et la délinquance nous coûtent aussi cher que l’Education nationale, aussi cher que la totalité du système hospitalier.

 

Catégories

Type d’infraction

Nombre d’infractions

Coût économique

Violences

Homicides, coups, séquestrations

305 123

14 175

Crime organisé

Proxénétisme, drogue

200 700

16 145

Vols

Vols, cambriolages, véhicules…

1 808 500

9 831

Vandalisme

Incendies, véhicules

430 436

5 642

Délits financiers

Faux, délits informatiques, TVA

1 355 000

20 621

Délits divers

Délits familiaux, fraudes

 499 000

20 010

Total des infractions

 

4 598 739

95 724

A ce coût, il convient d’ajouter celui du fonctionnement de la justice, de la police publique et privée pour 20 milliards d’euros.

 

Le tribut payé à la délinquance par les personnes âgées

Face à la délinquance la personne âgée en subit les effets aggravés par sa situation de fragilité. Les vols à la tire, l’arraché d’un sac ou d’un collier sont de terribles traumatismes pour les victimes. La lâcheté de l’agresseur qui utilise l’état de faiblesse de la victime, allant jusqu’à la déséquilibrer, s’ajoute à un comptage statistique uniforme. C’est la statistique qui met sur un même plan le vol à la roulotte purement matériel et le vol agressif. Pour la personne âgée les séquelles d’une agression sont physiques et psychologiques. Ce sont les personnes seules et isolées qui voient leurs habitudes dévastées, leur amertume est souvent aggravée par la disproportion entre la faiblesse du larcin et ses conséquences ultérieures… Devoir restreindre ses sorties, vivre de plus en plus confiné, surtout lorsque l’on a subi un vol à l’arraché, c’est le sort de nombreuses retraitées et retraités. Aussi le quasi-silence des autorités sur la réalité de la criminalité, finit par tromper les touristes qui ne font que passer, mais trompe aussi ceux qui viennent dans nos cités pour y trouver la quiétude. En matière de délinquance, il y a ceux qui en parlent selon leurs opportunités du moment et il y a ceux qui la vivent au quotidien.

 

Guy Muller

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