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La Haute Autorité de Santé

par muller 15 Mai 2010, 18:58 Les sites de REFERENCE

 

Billet de présentation

 

La défense des retraités se poursuit par l’intermédiaire du débat sur le devenir des retraites. Mais cette discussion occulte l’ensemble des actes positifs élaborés pour défendre les personnes âgées en tous lieux. Des ouvrages intéressants sont publiés sur le vieillissement, sur les maladies découlant de l’âge. Personne n’en fait la relation, comme si toute l’actualité était focalisée sur le futur des retraites ! Et pourtant entre les retraités et les personnes âgées il n’y a pas une coupure et une distance infranchissable à parcourir, du moins pour ceux qui s’y intéressent. Ces thèmes en déshérence sont pourtant tous dignes d’intérêt et d’attention. En seulement un seul trimestre 4 documents ont été publiés :

- Un de l’Anesm qui résume 5000 réponses d’établissements EHPAD sur l’autoévaluation des pratiques et sur les correctifs à y apporter,

-  Un livre de Monsieur Galy, conseiller municipal de Nice, en charge de la politique vis-à-vis des personnes âgées, sur les seniors et sur leur devenir,

-  Un autre ouvrage sur le mythe de la maladie d’Alzheimer de Messieurs Peter  Whitehouse et Daniel George, enfin traduit en français.

-  Une dernière publication de la Haute Autorité de Santé, dont je publie le résumé ci-après,

 

Guy Muller

 

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La Haute Autorité de Santé

 

Ses Missions

 1. Aider les pouvoirs publics dans leurs décisions de remboursement des produits et services médicaux, 

     2. Promouvoir les bonnes pratiques et le bon usage des soins auprès des professionnels de santé et des usagers de santé

     3. Améliorer la qualité des soins en établissements de santé et en médecine de ville A ce titre, la HAS coordonne la mise en œuvre de trois dispositifs d’évaluation et d’amélioration de la qualité des pratiques et des soins, en établissements de santé et en médecine de ville : la certification des établissements de santé, l’accréditation des médecins et des équipes médicales et l’évaluation des pratiques professionnelles.

 

Certification des établissements de santé

  • Le dispositif de certification vise à améliorer la qualité des soins fournis par les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, etc.) et à mettre à disposition du public une information sur la qualité des prestations délivrées par ces établissements.

Évaluation des pratiques professionnelles

  • L’évaluation des pratiques professionnelles est une démarche organisée d’amélioration des pratiques, obligatoire pour tous les médecins. Elle se traduit par un double engagement des médecins : d’une part, ces derniers s’engagent à fonder leur exercice clinique sur des recommandations, d’autre part, à mesurer et à analyser leurs pratiques par rapport à celles-ci. Cette démarche sera progressivement étendue aux autres professions de santé.

      4. Informer les professionnels de santé et le grand public et améliorer la qualité de l’information médicale

       5. Développer la concertation et la collaboration  avec les acteurs du système de santé en France et à l’étranger.

 

Outils d’information du public

La Haute Autorité de Santé met à la disposition du public l’ensemble de ses travaux, y compris son programme de travail prévisionnel. Elle dispose d’un site Internet et de diverses publications. L’abonnement à sa lettre d’information est gratuit.

http://www.has-sante.fr/

 

Rapport sur la maltraitance ordinaire

La Haute Autorité de la Santé a souhaité la réalisation d’un diagnostic interne aux établissements. Le résultat de ce diagnostic vient d’être publié sous la forme d’un document de 97 pages. où de nombreuses situations concrètes de maltraitance sont présentées. Je recommande vivement la lecture de cette immense monographie où de nombreuses situations concrètes de maltraitance sont présentées. A titre d’information voici les motifs qui sous-tendent cette démarche. Ils sont présentés dans un autre document de 4 pages décrit les intérêts d’une écoute orientée vers les patients et leurs proches. Au delà l’attribution d’une certification de qualité aux établissements de santé sera accordée.

 

« Les établissements de santé sont aussi des lieux de vie pour les patients comme pour les professionnels qui y travaillent. Les patients hospitalisés et leurs proches témoignent souvent et en même temps de l’humanité des professionnels de santé et des difficultés qu’ils y ont rencontrées. Une personne qui a fait l’expérience d’un contact avec un établissement de santé a parfois pu avoir le sentiment d’avoir été abandonnée, mal ou pas informée, d’avoir été insuffisamment écoutée. Il s’agit de la maltraitance « ordinaire ». Cette maltraitance est parfois également qualifiée de maltraitance « institutionnelle » ou « passive ».

Pour cerner ce phénomène et renforcer la réflexion sur les moyens de le prévenir, la Haute Autorité de Santé a souhaité que le cabinet C.Compagnon.Conseil effectue un travail d’écoute dont les résultats ont permis d’éclairer les travaux engagés dans le cadre de l’élaboration du nouveau manuel de certification des établissements de santé.

Cette étude réalisée en 2009 est fondée sur des témoignages de malades, de proches et de professionnels, pris tels quels, dans toute leur subjectivité. Elle ne vise donc pas à mesurer l’ampleur de ce phénomène en termes quantitatifs ni à porter sur lui un jugement global. L’originalité – et les limites – de ce travail est de partir du point de vue des personnes hospitalisées et de leurs proches en s’appuyant sur leur libre expression : témoignages écrits, entretiens.

Au-delà de l’identification du phénomène, cette étude doit permettre de repenser les organisations d’un établissement de santé et l’adaptation des pratiques professionnelles pour mieux accueillir, écouter les patients et leur entourage et faire valoir leurs droits ». En suivant le lien vous pourrez prendre connaissance de ce document :

http://www.has-sante.fr/portail/jcms/c_915259/un-etat-des-lieux-fonde-sur-des-temoignages-d-usagers-et-de-professionnels-la-maltraitance-ordinaire-dans-les-etablissements-de-sante-etude-de-claire-compagnon-et-veronique-ghadi

 

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Pourquoi la HAS a-t-elle voulu la réalisation de cette étude sur la maltraitance « ordinaire » ?

La HAS a souhaité renforcer la prise en compte du point de vue des usagers dans les critères qualité de la certification des établissements de santé. Elle s’est interrogée sur leur perception des prises en charge, leur expérience au quotidien de la vie hospitalière et sur la mise en œuvre concrète de leurs droits tels qu’ils sont énoncés notamment dans la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Or, les outils d’évaluation (rapports de certification, enquête) ne rendent pas compte de l’ensemble des dimensions de l’expérience des patients et de leurs proches accueillis dans les établissements de santé en France.

L’analyse de ce que disent les usagers, par exemple au travers de lettres de plainte ou de témoignages, met souvent en lumière l’humanité des professionnels rencontrés mais aussi fréquemment un manque d’écoute, de considération.

 

Qu’est-ce que la maltraitance « ordinaire » ?

Quelqu’un qui a fait l’expérience d’un contact avec un établissement de santé a parfois pu avoir le sentiment d’avoir été abandonné, mal ou pas informé et d’avoir été insuffisamment écouté. Il s’est parfois vu imposer des attentes interminables et inexpliquées, des entraves et des contraintes qui ont paru absurdes. Le patient peut également avoir le sentiment d’être « transparent ».

C’est ce qui est désigné par les termes de maltraitance « ordinaire ». Ordinaire parce qu'elle se distingue d’une maltraitance délictuelle, intentionnelle et exceptionnelle. Elle est présente dans le quotidien, elle est banalisée, parfois presque invisible et impalpable, et elle concerne l’institution plus que les individus.

 

Quels sont les différents types de maltraitance perçus par les patients et leurs proches ?

Les perceptions des patients et de leurs proches ont permis d’identifier deux grands types de maltraitance :

une maltraitance liée à des comportements individuels ;

Par exemple, les professionnels qui échangent et discutent entre eux en ignorant le patient présent dans la pièce, les professionnels qui n’entendent pas ce que leur disent les malades ou leurs proches, les menaces et humiliations, la culpabilisation des proches.

une maltraitance liée à l’organisation.

Par exemple, la mise à distance des proches, le manque de disponibilité des professionnels, le rythme imposé des soins, le bruit, les dysfonctionnements d’une organisation complexe, les sorties mal préparées, l’absence de réponse aux courriers de doléance.

 

Les situations à risque

Plus la situation médicale du patient accroît son niveau de dépendance à l’égard de son environnement et plus le risque de maltraitance est grand. Il peut s’agir des situations où les personnes sont entravées physiquement, dans l’impossibilité de se déplacer. De ce point de vue :

 le séjour en réanimation en est une illustration : plus une personne est immobilisée, plus elle est « branchée », plus elle est dépendante et risque d’être confrontée à des situations de maltraitance.

L’accueil aux urgences est également une « situation à risque » : les personnes et leurs proches sont souvent angoissés, dans une situation qu’ils ne peuvent pas maîtriser et où la logique médicale s’impose complètement. L’entrave physique, l’insécurité psychique et l’isolement social accroissent la dépendance du patient et de ses proches.

L’arrêt des soins curatifs chez un patient en fin de vie ou la survenue d’événements indésirables (erreur, infections nosocomiales) peuvent produire une rupture dans le processus de soins et parfois une rupture du dialogue entre les professionnels et les patients ou leurs proches. Ces situations sont aussi « à risque » de maltraitance.

 

Quelles suites seront données à ce rapport ?

La publication de ce rapport et le nouveau manuel de certification des établissements de santé sont les premières étapes.

Elles seront suivies d’autres actions visant elles aussi à soutenir la mise en place de démarches de bientraitance dans les établissements de santé. La HAS mettra à la disposition des professionnels des outils, en particulier un guide sur la bientraitance dans les établissements de santé qui soulignera et déclinera les composantes d’une démarche de bientraitance :

    • l’engagement du management et des instances de l’établissement ;

    • la formation et la sensibilisation des professionnels ;

    • les actions de prévention de la maltraitance ;

    • mais aussi des actions concrètes et diverses centrées sur l’expérience  quotidienne des usagers visant l’amélioration de l’accueil, la mise en œuvre effective des droits et la réponse aux besoins des personnes.

 

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Livres et notes de lecture

 

Des seniors et des hommes

Par ailleurs, deux livres récents ont retenu mon attention. Il s’agit pour le premier du livre de Monsieur Jean-Michel Galy, responsable des personnes âgées de la ville de Nice, qui apporte sa réflexion sur les seniors. Son livre « Des seniors et des hommes » publié aux éditions du Losange présente une couverture intéressante et emblématique.  Il s’agit d’un homme rapetissé en face d’une immense porte dont le trou de serrure diffuse une abondante clarté. Cet homme qui porte une serviette (marque de son ancienne dépendance au travail) constitue la clé d’entrée pour entrer dans la lumière. La retraite serait donc proche du nirvana au contraire du pot de départ du film Mamuth beaucoup plus réaliste dans sa démonstration. En réalité la retraite est vécue très différemment selon nos aptitudes à modifier notre comportement, selon notre niveau de pouvoir d’achat aussi. Les deux représentations peuvent coexister simultanément dans toute la population des retraités.

Monsieur Galy rejoint les thèmes favoris de Jérôme Pellissier mais en apportant la propre musique de son expérience. Après des réflexions sur l’âgisme et sur la « nouveauté » présentée par un important temps à vivre et à se construire différemment, il défend sa propre politique. Sont ainsi expliqués sa polarisation sur le chant, la danse en tant qu’éléments de sociabilité et de rencontre entre seniors. Ayant voulu acquérir ce livre paru en février, j’ai constaté que la FNAC ne le vendait pas, car sa politique d’achat est conduite au niveau national. C’est donc dans une autre librairie que j’ai pu acheter cet ouvrage très intéressant.

 

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La danse est pratiquée en Chine dans les parcs publics

 

Le mythe de la maladie d'Alzheimer

Un autre ouvrage vient d’être traduit en français. Il s’agit du livre de Peter Whitehouse,  Le mythe de la maladie d’Alzheimer, où la fragilisation de nos facultés risque d’être envisagée de façon trop mécanique. Il s’agit dès lors de se battre pour défendre des libertés publiques en déclin. La société emploie pour se défendre de plus en plus d’armes au titre de la lutte contre le terrorisme. Mais cette évolution a des conséquences dans la vie de tous les jours en offrant la possibilité de classer les individus, voire de les retirer de la circulation. Dans nos sociétés qui refusent la prise de risque, il n’y a plus de place pour l’idiot du village des romans russes, l’enfermement constitue la seule réponse. Des projets visent à classifier les personnes selon leur comportement dès l’âge de 3 ans. Aux Etats-Unis les enfants « turbulents » reçoivent des médicaments. 20% de la population carcérale est constituée par des malades mentaux.

La trilogie Millénium a montré les risques des tutelles détournées de leur objet à l’égard de mineurs privés de toute liberté. Whitehouse lance un cri d’alarme d’autant plus adapté qu’il est issu du sérail en tant que spécialiste de la maladie d’Alzheimer. Son diagnostic est qu’il vaut mieux attendre de voir l’évolution véritable de la maladie avant de prendre des mesures irréversibles dont les médications utilisées. A titre d’exemple 20% des malades reçoivent un traitement médicamenteux inadapté à leur cas. Cet ouvrage est une véritable somme de culture. Il a donné lieu à des conférences nombreuses, à la création de sites Internet et à une polémique chaque jour enrichie par de nouveaux apports.

 

Ces informations doivent bien sûr faire l’objet d’approfondissement. Elles montrent la vitalité de l’actualité concernant les personnes âgées. Le site Dirpa-Références s’attachera à développer et amplifier une meilleure connaissance de ces questions dans un esprit d’ information des responsables associatifs et syndicaux. A ce jour, personne n’a une vue complète et exhaustive de l’actualité, surtout compte-tenu d’une amélioration régulière de la prise en compte par de nombreuses institutions, des problèmes nouveaux liés au vieillissement de la population.

 

Guy Muller

 

 

commentaires

GIVENCHY 16/05/2010 17:35


TOUJOURS TRES INTERESSANT TON REPORTAGE,CONTINUES CAR J'APPRECIS TON TRAVAIL
JEAN PAUL


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