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La maison de retraite du Coteau à Antibes

par muller 7 Mai 2012, 18:29 Nos rencontres

Le 27 avril 2012, une rencontre a eu lieu entre Monsieur Jean-Marc Fournillier et Messieurs Jean-Pierre Marmontelli (FGR) et Guy Muller (DIRPA).

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Monsieur Fournillier, directeur du Coteau

 

Il s’agissait pour l’Intersyndicale de renouer des liens avec les Maisons de Retraite du Département dans une démarche sur les problèmes rencontrés dans la gestion de ces établissements qui sont nombreux dans les Alpes Maritimes : 232. Nous rencontrons des établissements divers classés EHPAD : associatifs, publics et privés. Nous recherchons les modifications intervenues depuis quelques années au plan de la qualité de service offerte aux résidents.

 

Présentation générale de l’établissement

Monsieur Fournillier nous donne des indications sur l’âge d’entrée des résidents, autour de 85 ans, lors de leur admission. L’âge moyen des hôtes est de 89 ans avec une durée de séjour qui est le double de la moyenne nationale. Le délai de survie est en France de l’ordre de 24 mois après admission. Les résidents sont au nombre de 80 personnes dont 70 femmes et 10 hommes. Le personnel tourne autour de 50 personnes réparti en deux entités  : l’hôtellerie et les soins.

Le but du Directeur est d’augmenter l’autonomie physique des résidents, car pour l’autonomie psychique, il possède moins de leviers.

 

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La vie interne des résidents

Trois conseils de résidents par an organisent la vie interne de la maison : horaires repas, animations nombreuses : chorale, cinéma, bibliothèque. Des boites à suggestions sont installées pour recueillir les avis et propositions des résidents. Des fêtes sont organisées pour créer du lien social. Le maintien d’un fort lien familial sera accentué par la construction de deux chambres d’accueil pour les familles venant d’autres départements. Pendant notre entretien une résidente téléphone au directeur par erreur. Il nous déclare tenir sa porte ouverte en permanence pour aider le personnel et les résidents dans une position d’écoute permanente.

Un lien est directement fait sur le parallélisme entre une bonne ambiance parmi le personnel qui améliore les relations internes. Il en résulte la création d'un climat favorable aux résidents. 

 

L’éthique de la Croix Rouge

La Croix Rouge doit «soulager toute souffrance ». Selon cette affirmation, « si l’on vient travailler dans la maison de retraite par hasard, on n’y reste pas par hasard ». En conséquence la gestion facilite les échanges entre les équipes tout au long de l’année. Chaque jour au moment du croisement des deux équipes, un quart d’heure est consacré à une information réciproque sur les évènements survenus dans la journée. Une convention collective favorable au personnel traduit dans les faits cette éthique par un faible turn-over. La recherche d’une politique visant à améliorer les choses en permanence est attestée par la présence d’une Responsable qualité au niveau national qui a été membre de L’ANESM. Plusieurs des Directives de l’ANESM* sont d’ailleurs placées sur le bureau de Monsieur Fournillier. La mise en place d’un référentiel des bonnes pratiques est un énorme chantier qui vient d’être lancé mais dont les résultats s’étaleront dans le temps. Plusieurs phases sont prévues dans cette démarche qui est centrée sur l’observation de l'évolution dans le temps de nombreuses statistiques. A la suite de ce recensement statistique, réalisé selon des axes d’action, le personnel doit adapter et améliorer son comportement.*

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Comme il fait bon vivre dans l’établissement une liste d’attente recense les candidats à l’entrée dans la Maison. Parmi les plus proposés il est cité la qualité de la nourriture. La restauration est réalisée sur place chaque jour avec nombre de produits frais. Nous notons la propreté des locaux, la beauté d’un grand jardin situé derrière l’établissement, dans une rue très calme. Le tarif moyen de la journée est de 61,50 euros.

 

Le management d’équipes

Monsieur Fournillier nous décrit sa conception de gestionnaire et d’animateur. Il gère une cinquantaine de personnes hors cuisine. Le ratio d’encadrement est de 0,57%. En dépit de métiers insuffisamment valorisés, le personnel doit accepter la noblesse du travail. Tout est mis en place pour favoriser la qualité de l’accompagnement des personnes âgées. Dans la prestation donnée par le personnel, la qualité technique compte pour 50%, alors que l’état d’esprit compte pour 50%. La direction et l’encadrement s’attachent à contrôler d’éventuelles dérives au plan de la disponibilité du personnel (toilettes) de sa serviabilité et de la qualité du langage employé. Un investissement leur est de plus demandé lors des fêtes et animations qui ponctuent la vie de l’établissement. Chaque aide sociale a la responsabilité de 5 à 6 résidents ce qui les responsabilise mieux.

La distribution des médicaments, les horaires de nettoyage des chambres, tout est tracé. Chaque résident possède son boitier à son nom, avec un opercule par médicament.

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Les contraintes financières

Nous abordons un problème qui résulte de la complexité des financements, répartis entre l’usager, l’assurance maladie et le Conseil Général. Selon la nature des personnels, le financement est différent. Si l’infirmière est prise en charge à 100% par l’assurance maladie, les aides soignants le sont par deux sources. Les aides publiques sont calculées selon la grille Pathos qui calcule le niveau d’autonomie des résidents. En fonction  de l’autonomie du patient il est évident que le recours à des personnels : psychologue, kiné, médecin, spécialiste, s’avère différent. Plus le niveau d’autonomie est faible et plus le financement augmente. Le Coteau est situé en dessous du calcul de cette formule, ce qui signifie qu'il dépense moins. La grille Pathos est expliquée en suivant le lien  : link

A la question posée d’une forte différence entre les pays de l’espace européen pour le taux d’encadrement du personnel, le Directeur nous répond qu’il travaille avec les moyens qui lui sont donnés sans se poser de questions… Il se compare aux établissements français qui sont sa référence. Une association regroupant les Directeurs de Maisons de retraite semble offrir l’occasion de débats (la FNADEPA).

Notre interlocuteur est un jeune Directeur de 42 ans qui ne semble pas éprouver de problèmes particuliers face à l’informatisation croissante de son métier. Très conscient que la "paperasse" a développé son emprise dans sa profession, il en accepte la nécessité pour la bonne gestion de sa maison. Son dynamisme lui permet de lancer des projets dont celui de la création d’un accueil pour les patients Alzheimer au 1er étage de l’EHPAD.

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L’importance attachée au respect des personnes nous parait être le point fort de la gestion au quotidien de cet établissement très moderne dans sa conception architecturale.

·     * L’ANESM vient de publier à la fin de l’année 2011 et au début de l’année 2012 plusieurs directives centrées sur le zéro défaut. Un diaporama explicatif sur cette démarche a été réalisé en direction des cadres et du personnel des maisons de retraite. Nous aurons l’occasion d’y revenir prochainement sur ce site pour décrire cette démarche.

G    

     Guy Muller, DIRPA

 

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