Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le FMI reconnait l'effet néfaste de ses conseils

par muller 30 Janvier 2013, 17:25 Les articles de Référence

 

Retraites : des dogmes inadaptés à la situation économique

Nous sommes nombreux à chercher à comprendre pour quelles raisons telle ou telle politique économique nous est imposée. Selon les gouvernants ils doivent à tout prix respecter certains dogmes imposés par les organismes internationaux. C’est pour afficher des directions différentes que divers économistes ont créé Alternatives Economiques, les économistes atterrés et d’autres cercles de réflexion. Pour ces économistes « non alignés », il s’agit de prouver que d’autres possibilités existent, en dehors des schémas privilégiés par les notateurs de nos économies. Mais lorsque les responsables du FMI reconnaissent s’être trompés dans leurs calculs sur lesquels s’appuient nos responsables politiques nous devons nous interroger sur l’efficacité des médecines conseillées. 

 

Les recommandations récessives du FMI

Olivier Blanchard, l’ancien professeur au MIT et économiste en chef du FMI, l’a reconnu le 4 janvier dernier : le FMI s’est trompé. Habitués à penser que l’action de l’Etat sur l’économie était faible - ou néfaste - les économistes du Fonds ont dramatiquement sous-estimé l’effet récessif des coupes budgétaires. Monsieur Blanchard l’explique benoîtement : lorsqu’ils ont élaboré, avec la Commission européenne et la BCE, les plans de rigueur pour la Grèce, le Portugal ou l’Irlande, les experts du FMI ont repris les données habituelles, sans prendre en considération l’ampleur de la crise. link

 

Selon ses termes : “Les prévisionnistes du FMI ont nettement sous-estimé l’augmentation du chômage et la baisse de la demande intérieure associée à l’assainissement budgétaire”. Sur le plan technique, les modèles des économistes de Washington utilisaient la valeur de 0,5 pour ce que l’on appelle le “multiplicateur budgétaire” : une baisse des dépenses publiques de 10 milliards d’euros ne devait diminuer le PIB que de 5 milliards (10 milliards * 0,5).

Monsieur Olivier Blanchard mentionne trois explications à la valeur plus élevée que la normale des multiplicateurs :

- l’impossibilité pour les Banques centrales, dont le taux d’intérêt est déjà proche de zéro, de compenser les répercussions négatives des baisses de dépenses publiques en diminuant leur taux d’intérêt. Dans de telles conditions, les multiplicateurs budgétaires peuvent être supérieurs à 3.

- la paralysie du système financier, qui empêche les personnes et les entreprises d’emprunter, ce qui rend leur consommation fortement dépendante de leurs seuls revenus courants (que les baisses de dépenses publiques réduisent).

- lorsque l’activité économique est très déprimée, les multiplicateurs budgétaires sont plus forts, pouvant atteindre 2,5 en période de récession. 

 

Des conséquences dramatiques pour les retraités

La note du FMI du mois de mars 2009 contient une évaluation qui supposait des multiplicateurs compris entre 0,3 et 0,5 pour les recettes publiques et entre 0,3 et 1,8 pour les dépenses publiques.

Les multiplicateurs étaient effectivement largement supérieurs à 1 au début de la crise. Mais il n’y a pas un seul multiplicateur en tout temps et pour tous les pays. Les multiplicateurs peuvent être plus ou moins élevés au cours du temps et d’une économie à l’autre. Puisque les économies connaissent une reprise et quittent la trappe à liquidité, les multiplicateurs sont susceptibles de revenir à leurs niveaux d’avant-crise. Néanmoins, il semble prudent pour le moment, lorsque l’on pense à la consolidation budgétaire, de supposer que les multiplicateurs sont plus élevés qu’avant-crise.

 

C’est la prégnance des modes de pensée qui explique que les économistes aient raisonné “comme d’habitude”, quand tout avait changé. Mais ces habitudes intellectuelles, ou cette paresse, sont d’autant plus susceptibles de se produire que l’on raisonne dans un cadre de pensée qui s’assume comme intemporel et universel.

On comprend que l’inadaptation des médications destinées à juguler la crise économique a pu augmenter les récessions dans plusieurs pays du sud de l’Europe. Diminuer les prestations sociales en période de récession s’est en conséquence s’assurer de voir les recettes fiscales refluer au-delà de l’effet escompté par la mise en œuvre des politiques de réduction des déficits. On a bien constaté dans la réalité observée que la recherche trop rapide du redressement budgétaire amplifie les pertes dans les rentrées fiscales.

Après avoir fait cette découverte, Madame Lagarde, Directrice du FMI, a crié très fort : stop. Mieux vaut accepter un dépassement du dogme des 3% que mourir d’orthodoxie budgétaire. Il est vrai que la saignée infligée à l’économie, comme à l’homme, ne doit pas conduire à la mort. 

 

Guy Muller

 

Singapour-Luxembourg Banques du Monde
Singapour-Luxembourg Banques du Monde
Singapour-Luxembourg Banques du Monde

Singapour-Luxembourg Banques du Monde

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires

Haut de page