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Les Restaurants du Coeur dans les Alpes Maritimes

par muller 1 Avril 2012, 15:35 Nos rencontres

 

 Rencontre entre l’Intersyndicale des retraités : Mme Six, responsable départementale des Restaurants du cœur des AM et des responsables de secteur  et Messieurs Modeste Alcaraz(CGT) et Alain Tiberti (FSU),  à Cagnes sur mer le mercredi 13 mars 2012.

 

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Au plan national…

                                         …une solidarité agissante

Le fondateur des restaurants est l’humoriste Coluche qui les crée en 1985. Les caractéristiques essentielles de l’association sont basées sur :

 L’organisation d’une solidarité marquée par le vote en 1988 d’une loi qui incite au don les particuliers par l’intermédiaire d’une déduction fiscale.

L’autre particularité de l’association réside en des frais de fonctionnement faibles : 8,5%. Elle est en cela soutenue par 55 000 bénévoles répartis sur l’ensemble de la France.

L’association possède 117 antennes départementales.

 

Axes d’actions

 

L’aide alimentaire

De septembre à juin (/juillet,suivant les sites) les bénévoles distribuent :

des paniers-repas équilibrés, à cuisiner chez soi ;

des repas chauds, pour les sans domicile;

une aide spécifique pour les bébés. 

L’aide au logement

« Disposer d’un toit est une étape élémentaire de l’insertion sociale. L’aide au logement prend des formes diverses, qui vont de l’hébergement d’urgence à l’accompagnement vers une location stable »

Les restos du cœur viennent en aide aux personnes en difficulté de logement via :

Les centres d’hébergement d’urgence (Accueil de quelques nuits les personnes avec accompagnement social et éventuellement une aide médicale et psychologique).

Les lieux de vie (Ces lieux accueillent pour un long séjour, souvent à la campagne afin de retrouver les habitudes d'une vie collective active)

Les résidences sociales (afin de permettre aux occupants de prendre leur autonomie et de retrouver un logement stable).

L’accès à une location stable

Les restos bébés du cœur

Ceux-ci remplissent une mission d'aide pour les parents en précarité par la fourniture de :

une aide alimentaire adaptée aux bébés de moins de 18 mois

une aide matérielle appropriée (vêtements, couches, produits de puériculture et d’hygiène, jeux pour enfants et prêt de matériel)

des conseils en pédiatrie et diététique, un espace de partages et d’échanges avec d’autres parents et des bénévoles ;

 

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La situation dans les Alpes Maritimes

Mme Six nous précise quelques règles de fonctionnement des Restaurants du Cœur : on donne à tous ponctuellement, mais on ne donne l’équivalent de 6 repas hebdomadaires (voire 14 à ceux ou celles qui sont en grande détresse), qu’aux personnes inscrites après application d’un barème national. On ne distribue pas de paniers garnis, les gens se servent dans des rayonnages façon supermarché afin d’éviter la dimension « charité » de l’aide apportée. 

Outre la nourriture les Restaurants du Cœur distribuent aussi des vêtements, voire des services. Une séance de coiffure pour une personne convoquée  pour un entretien d’embauche.

Si le nombre de personnes aidées n’augmente que de 4% les demandes d’aide sont plus fortes ce qui démontre que si le nombre de pauvres n’a que (relativement) peu augmenté, ceux-ci sont de plus en plus pauvres et leurs besoins sont plus grands.

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Des Personnes Agées plus nombreuses

 Autrefois les personnes âgées ne venaient pas, aujourd’hui malgré le minimum vieillesse, avec notamment la hausse des loyers, des charges, etc. beaucoup n’y arrivent plus et font appel aux Restaurants du cœur.

     On constate donc une augmentation du nombre des Personnes Agées  mais elles sont difficiles à cerner. Après avoir travaillé la plupart se sentent humiliées, viennent en rasant les murs. Pour les plus âgées (80 ans) c’est très net, elles  viennent à reculons. Les plus jeunes, les « néo-retraités », ceux de la « génération Coluche » sont plus décomplexés mais leur présence indique une dégradation du montant des retraites et pensions, elles ont besoin d’aide plus tôt.

      En général les personnes âgées sont réticentes à s’inscrire dans des centres où il faut donner son identité et plus encore les hommes que les femmes, par contre elles viennent plus volontiers vers les camions en maraude où on ne demande rien mais où le repas (sandwich) est forcément plus chiche.  Leurs comportements sont différents, par exemple elles ont besoin de vêtements et de nourriture, comme les autres, mais apprécient le linge de maison : quand des personnes jeunes se contentent de Sopalin elles apprécient nappes et serviettes, « comme autrefois ». Surtout, ayant du temps, elles trainent plus souvent dans les allées, discutant volontiers avec d’autres personnes du même âge ou avec les bénévoles. Elles viennent donc aussi chercher du lien social, de la compagnie, de l’échange, l’aspect  relationnel est aussi fondamental que le reste, que ce soit dans les centres ou lors des « maraudes ».

       Alors que beaucoup de bénéficiaires ne viennent que quelque temps, soit que leur situation s’améliore, qu’ils changent de région ou qu’ils profitent de « petits boulots » pendant l’été, les personnes âgées sont présentes toute l’année pendant 3, 4, 5 ans ou davantage.

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Des Personnes Agées plus pauvres

Actuellement, on constate que des Personnes Agées recommencent à basculer dans la grande pauvreté, comme dans les années 50 ou 60, surtout quand elles sont seules et qu’elles ne bénéficient plus que d’une pension de réversion, ce qui concerne d’abord les femmes mais pas uniquement. Les couples ne sont pas non plus à l’abri. Cette pauvreté n’épargne pas non plus des gens nantis d’un petit bien et dont la situation peut basculer très vite.

      Il existe  des cas emblématiques :

 un couple de commerçants propriétaire de son appartement, le mari meurt, la pension de réversion de la veuve ne permet plus d’assurer, en plus de tout le reste, l’augmentation des charges du logement (cf. la mise aux normes des ascenseurs en particuliers).

un couple d’ouvriers propriétaire, après des années d’économies, voire de privations, d’un logement de 4/5 pièces dans un quartier peu côté. Quand les enfants, et les aides dont ils bénéficiaient, sont partis la moindre dépense  imprévue (travaux, santé) prend des allures de catastrophe. Alors on rogne sur le chauffage, la nourriture.

 Dans notre département le « reste à vivre » quand les dépenses de logement ont été réglées laisse de nombreuses personnes face à des choix impossibles, c’est une conséquence du manque dramatique de logements sociaux.

 

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