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Visite d'un service à la personne : l'ADMR

par muller 18 Juin 2012, 09:09 Nos rencontres

Rencontre à l’ADMR de Nice

Le 14 mai 2012, une rencontre a eu lieu entre Madame Montarello Marion, Directrice de l’ADMR  et Messieurs Jean Mazzi (CFDT) et Guy Muller (DIRPA).

Il s’agit pour l’Intersyndicale des retraités de mieux connaître les structures qui permettent aux retraités d’être aidés et secourus. Les services d’aide à la personne sont un maillon indispensable pour le maintien à domicile des personnes âgées.

Une récente étude de la DARES montre le dynamisme de la demande pour les emplois aux personnes. D’ici à 2020, ce secteur sera le premier créateur d’emplois pour les aides à domicile, les aides soignants et les infirmières. Voir la page 4 du rapport de mars 2012 : http://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/2012-022.pdf

 

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Présentation générale de l’ADMR

Madame Montarello nous présente l’organisation générale du réseau de l’ADMR. Nous sommes reçus au siège de la Fédération rue saint Jean d’Angély à Nice qui regroupe 32 associations d’Aide à domicile. Ces associations sont implantées par ville ou par quartier dans le 06. La Fédération qui nous accueille est conçue comme une plate-forme de prestations de services au service de ses associations. En janvier 2012, les conventions collectives du secteur du maintien à domicile ont été fusionnées, la paie est mutualisée par la Fédération. La Fédération offre de nombreuses autres prestations dans le domaine de la formation du personnel : choix du type des formations, passerelles offrant des parcours valorisants. Elle est aussi le représentant unique des associations auprès du Conseil Général, des maires, et des CCAS.

Les effectifs gérés sont d’environ 700 personnes salariées et de 50 bénévoles. L’ADMR invoque trente années placées au service du maintien à domicile dans les Alpes Maritimes. Elle est passée du stade de la petite association de la Vésubie, à une véritable entreprise, désormais présente dans tout le Département. Elle se revendique comme appartenant au secteur de l’économie sociale.

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Les domaines d’intervention

Ils sont divisés en trois pôles :

l’aide aux familles par l’aide au domicile (avec 26 associations) lors d’évènements familiaux prévus ou imprévus : après un accouchement ou un accident de la vie. La CAF peut intervenir y compris en matière de garde d’enfants.

Le deuxième axe concerne l’aide à domicile pour les personnes âgées et les personnes en situation de handicap. Il s’agit de gérer de nombreuses situations spécifiques : au retour d’une hospitalisation par exemple. Les prestations offertes couvrent alors une très large gamme. Ménage, entretien du linge, courses, aide et accompagnement, toilette, livraison de repas à domicile, mise en place d’une téléassistance.

 Le troisième axe concerne les soins infirmiers avec 5 associations. Au fur et à mesure de la dégradation de l’état de la personne âgée, des soins d’hygiène et infirmiers sont mis en place.

 

L’éthique de la qualité de service

C’est le cœur des interventions de l’ADMR. Les personnes âgées se présentent différemment dans le temps, ce qui exige une adaptation permanente. Il y a 20-30 ans, les personnes âgées étaient véritablement épuisées, isolées, dénutries. La société n’avait pas anticipé l’arrivée du 4ème âge. Aujourd’hui, elles sont mieux informées, en meilleure forme physique et soucieuses de garder leur indépendance le plus longtemps possible. L’intervention au domicile ne doit pas être une intrusion ce qui exige de la psychologie de la part de l’intervenant. Il faut gérer le quotidien au domicile d’une personne qui ne veut pas être considérée comme assistée.  S’il existe une formation et si les intervenants sont aidés, ils doivent gérer leur solitude et prendre en main leur activité, d’une façon subreptice. Cela exige une grande motivation et notre interlocutrice parle de rendez-vous ratés lorsque l’aide renonce à son travail au dernier moment. La loi Borloo a connu une dérive dès son vote. Elle ne s’est pas remise d’être considérée comme un parking pour chômeurs.

La gestion des dossiers d’aide à l’APA ne pose pas de problèmes car toutes les personnes qui nous contactent entrent dans les critères d’attribution. Mais avec le même taux de GIR (grille d’évaluation du handicap d’une personne), le nombre d’heures alloué diminue régulièrement. Ce constat est général de par la fixation d’un budget qui détermine un volume d’heures. Comme le nombre de bénéficiaires progresse il en découle une diminution des heures affectées à une personne.

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Madame Montarello et Monsieur Mazzi

 

Problèmes spécifiques aux personnes âgées

Nous retrouvons de nombreux problèmes énoncés par les responsables caritatifs ou de maisons de retraite :

Trop d’interventions s’effectuent dans l’urgence, notamment en matière de placement en maison de retraite, absence de dialogue avec la famille pour anticiper,

Beaucoup d’’expérimentations domotiques et peu de retombées pratiques. Le développement des technologies amène des questions éthiques, le droit de la personne est-il garanti ? Et cela ne doit pas se faire au détriment de la présence humaine.

Des frontières factices entre dépendance et handicap,

La marchandisation du domaine de la santé et ses conséquences,

Le travail en réseau pour la fin de vie, les soins palliatifs, mais des applications épisodiques.

 

Le management d’équipes

La gestion au quotidien doit intégrer les contraintes liées à la situation économique actuelle tout en donnant des perspectives au personnel.

Nous sommes passés du recrutement d’un personnel qualifié à un recrutement d’insertion sociale par l’intermédiaire de « Pôle emploi ». La question qui se pose aujourd’hui est : quelle professionnalisation pour les personnels d’intervention ? Les nouveaux entrants sur le marché du travail sont formés dans les six mois. Le problème de leur motivation se pose comme on l’a vu en notant des défections dès le premier jour…

Une réflexion est donc engagée par la Fédération de l’ADMR pour construire des raisons de rester : convention collective, formations diverses, sélections des formations utiles. Il faut en conséquence passer d’un travail purement alimentaire à un lien profond avec la personne aidée. Sont évoqués des fins de vie qui créent une solidarité entre la famille et l’aide au domicile.

L’effort de formation concerne 26% de l’effectif. Ces formations sont aidées par  la CNSA, le Conseil régional et l’OPCA.  Deux sessions sont organisées par an pour les nouveaux embauchés, plus une formation diplômante. Des formations   créent de  réelles trajectoires professionnelles  afin de valoriser le personnel d’intervention entre l’aide à domicile et l’aide aux soins. Ces formations sont effectuées pendant l’activité : 3 jours de travail, puis 2 jours de formation.

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L’objectif : rester chez soi le plus longtemps possible

L’aide à domicile répond aux vœux des personnes âgées qui souhaitent ne pas quitter leur domicile et le lien avec leurs souvenirs et le lien avec leur entourage. L’allocation d’aide personnalisée peut être gérée par l’ADMR et 50% des sommes déboursées peuvent être déduites des impôts. Attention le paiement en espèce ne donne pas droit à cet abattement fiscal.

Outre l’aide à domicile pour les actes de la vie au quotidien, l’ADMR propose des soins infirmiers à domicile. Ces services interviennent après prescription médicale. Ils concernent les personnes âgées de plus de 60 ans en perte d’autonomie ou souffrant d’une pathologie chronique ; et des adultes de moins de 60 ans en situation de handicap. L’ADMR coordonne 7 jours sur 7 des aides-soignants, des aides médico-psychologiques, des infirmiers. Ces prestations sont prises en charge à 100% par les caisses d’assurance maladie.

L’ADMR propose un service de téléassistance « Filien ADMR » qui permet d’appeler en cas d’urgence une plate-forme d’écoute. Le Département finance ce service au titre de l’APA. Pour les personnes non aidées à ce titre, la réduction ou le crédit d’impôt de 50%, peut être sollicitée.

 

Guy Muller pour la DIRPA

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