Overblog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Retraités la pilule amère

par Guy Muller 26 Juillet 2025, 17:50 Editoriaux

 

On aurait pu penser que les nombreuses attaques portées ces dernières semaines à l’encontre des retraités soient des ballons d’essai. Or toutes les mesures envisagées viennent d’être mises en œuvre dans la recherche d’un plan d’économies pour le budget 2026.

 

L’absence de hausse pour les pensions, en 2026, « devrait entraîner une perte de revenu disponible de l’ordre de 3,7 milliards d’euros » pour les foyers comptant au moins une personne à la retraite (qu’il s’agisse d’individus isolés ou de couples). Au-delà de 2026, le plan Bayrou prévoit une sous-indexation progressive des retraites jusqu’en 2030.  Cela signifie que les montants versés seront, certes, revalorisés chaque année, mais à un rythme inférieur à celui de l’augmentation des prix. Pour les seniors, cette sous-indexation progressive aura pour effet une augmentation réelle plus faible de leurs revenus, ce qui pourrait impacter leur pouvoir d’achat sur le long terme.

 

Le gel du barème de l’impôt sur le revenu se traduirait, quant à lui, par une augmentation de la fiscalité d’environ 400 millions d’euros pour les ménages dans lesquels on dénombre au moins un retraité – sachant que la moitié d’entre eux seraient touchés.

 

La suppression de l’abattement de 10 % et son remplacement par un forfait permettraient à l’Etat d’accroître ses recettes de quelque 800 millions d’euros. Mais la mesure ne produit pas du tout les mêmes effets, suivant la situation des personnes. Ainsi, 5,2 millions de ménages seraient amenés à payer davantage d’impôt sur le revenu. « Il s’agit là principalement de retraités seuls ou de couples de retraités appartenant aux 30 % de retraités les plus aisés ».

 

Hausse de la CSG pour les retraités les plus aisés. Le gouvernement envisage une augmentation de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) pour les retraités aux ressources les plus élevées. Cette mesure s’inscrit dans une logique de répartition de l’effort fiscal mais elle soulève des critiques, notamment sur le risque d’alourdissement de la fiscalité des classes moyennes supérieures retraitées. Les détails précis, notamment les seuils et taux applicables, restent cependant encore à définir. 

 

Les dépenses de santé seront réduites de 5.5 milliards dont les « franchises » médicales, soit ces sommes non remboursées au patient sur les boîtes de médicaments (1 euro) ou les consultations médicales (2 euros). Le gouvernement a décidé de doubler le plafond des franchises médicales [jusque-là 50 euros maximum à payer par an et par assuré sur les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires] et celui des participations forfaitaires [50 euros sur les consultations, les examens radiologiques et les analyses de biologie], ainsi que d’augmenter le montant de ces franchises et participations forfaitaires

Le maintien du remboursement à 100 % des cures thermales ne sera plus assuré, ni le remboursement des médicaments dont le service médical rendu est faible pour les patients en ALD.

Les rentes économiques qui se sont constituées dans des secteurs de la santé comme la radiologie, la biologie, la radiothérapie ou encore la dialyse seront revues. Elles sont financées à plus de 80 % par l’Assurance-maladie et présentent des niveaux de rentabilité très élevés : des baisses de tarifs s’imposent.

 

En définitive, l’ensemble de ces mesures devraient amputer le niveau de vie de 90 % des ménages comptant au moins un retraité. A contrario, 5 % d’entre eux en tireraient bénéfice (des couples avec un seul pensionné, pour l’essentiel).  

Retraités la pilule amère
Retraités la pilule amère
Retraités la pilule amère
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page