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IPSOS enquête pauvreté

par Guy Muller 17 Septembre 2025, 18:44 Les sites de REFERENCE

 

Un tiers des Français craint de basculer dans la précarité

Signe que la précarité se diffuse dans la société et s’ancre dans le quotidien, près de trois Français sur cinq connaissent un proche vivant une situation de pauvreté (57 %) ; que ce soit un membre de la famille, un ami ou une connaissance. La pauvreté monétaire – percevoir moins de 1 216 euros par mois pour une personne seule – frappe en particulier les femmes qui élèvent seules leurs enfants, et les chômeurs, comme l’a établi l’Insee. Sa dernière étude sur la question note que l’inflation avait fait gonfler, en 2023, les chiffres de la pauvreté à un niveau record depuis 1996. Un phénomène sur lequel les associations de solidarité alertaient depuis plusieurs années, et continuent de le faire.

Dans ces conditions, il est compréhensible que les Français restent inquiets : un tiers d’entre eux estime qu’il existe un risque « important », voire « très important » de basculer dans la précarité « dans les prochains mois ». Cette inquiétude s’explique par la crainte que leur capacité financière, leur épargne, soient insuffisantes pour faire face à un impondérable, comme une augmentation du prix des carburants ou la nécessité de venir en aide à un membre de la famille. La crainte d’une dépense imprévuela chaudière qui tombe en panne, réparer la voiture après un accident ou des lunettes à changer – est douloureusement ressentie par une proportion toujours aussi importante de répondants (59 %) depuis la précédente édition du baromètre.

 

Alimentation et soins, toujours deux lanternes rouges

La pauvreté se traduit toujours par des privations. Si la pause mesurée dans l’inflation générale a permis à des catégories de la population de reprendre leur souffle, les difficultés rencontrées restent élevées pour de très nombreux Français dans des domaines essentiels. Ainsi, près de la moitié d’entre eux (45 %) n’a pas pu facilement « payer certains actes médicaux mal remboursés par la Sécurité sociale ». De même, les contraintes en matière d’alimentation ont continué à augmenter : près d’un tiers des personnes interrogées (31 %) a eu du mal à se « procurer une alimentation saine » leur permettant « de faire 3 repas par jour ». C’est 1 point de plus que l’année précédente.

Un niveau de privation qui explique que dans certains libres-services alimentaires du Secours populaire, les bénévoles ont vu affluer jusqu’à 40 % de demandes supplémentaires. Ils ont aussi multiplié les initiatives pour proposer une alimentation de qualité, notamment via des jardins solidaires, des ateliers nutrition ou des partenariats avec des producteurs locaux bio.

C’est pourquoi l’aide alimentaire et matérielle d’urgence est organisée comme une porte d’entrée vers un accompagnement plus large parce qu’il paraît inconcevable aux yeux de ses bénévoles d’« accepter que la partie la plus pauvre de la population soit privée de ces biens communs qui participent de la citoyenneté, de l’autonomie ».

Ce refus de la résignation est d’autant plus important à cultiver que, par rapport à la génération de leurs parents, les Français ont de plus en plus le sentiment d’être confrontés à une dégradation de leur accès à l’emploi (59 %, + 2 points), à la santé (50 %, + 1), à un logement décent (46 %, + 2) et aux vacances (45 %, + 3). Ce déclassement social perçu par la moitié de la population est lourd de menaces, de colère et de rejet de l’autre.

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