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L’évolution perçue des politiques sanitaires et sociales

par Guy Muller 3 Mai 2015, 18:46 Les sites de REFERENCE

 

Un récent sondage vient de mettre en évidence les préoccupations des français en matière sanitaire et sociale. Le Baromètre d’opinion de la Drees suit chaque année depuis 2000 l’évolution de l’opinion des Français sur leur santé, sur la protection sociale dans l’ensemble de ses dimensions (assurance maladie, retraite, famille, handicap, dépendance, solidarité, lutte contre la pauvreté et l’exclusion) ainsi que sur les inégalités et la cohésion sociale. L’un des principaux enseignements de ce sondage est l’attachement des français au système de Sécurité sociale.

http://www.drees.sante.gouv.fr/IMG/pdf/cp_2015_barometrebat.pdf

 

 

Huit Français sur dix considèrent que leur système de sécurité sociale peut servir de modèle

 

Selon 81 % des Français, le système de sécurité sociale français « peut servir de modèle à d’autres pays ». Trois quarts des Français pensent que le système de sécurité sociale français « fournit un niveau de protection suffisant », mais deux tiers d’entre eux pensent qu’il « coûte trop cher à la société ». Bien que cette part diminue, sept Français sur dix estiment qu’il faut « réformer la société française sur certains points tout en conservant l’essentiel ». Cela traduit leur souhait de conserver les fondamentaux du système actuel tout en le faisant évoluer, volonté que l’on retrouve aussi s’agissant plus spécifiquement de la protection sociale. La part des Français qui pensent qu’il faut « radicalement changer la société française » (27 %) est, elle, en hausse de 9 points depuis 10 ans. Seulement 4 % des Français pensent qu’il faut « conserver la société française en l’état ».

 

Une demande de solidarité mieux ciblée

 

Concernant  les  allocations familiales et  l’assurance maladie, un quart des Français pensent qu’elles devraient être réservées aux seuls  cotisants, soit  10  points  de  plus  qu’en 2010.

En général, les Français souhaitent des allocations familiales ciblées sur les plus modestes. Interrogés  sur  les  allocations  familiales,  42 %  des  Français  jugent  qu’il  faut « réserver  les  allocations  familiales  aux  familles  dont  le  revenu  total  est inférieur  à  6 000 € ».  39 %  des  personnes  interrogées estiment toutefois nécessaire de  « donner  des  allocations  familiales  à  toutes  les  familles,  mais davantage  aux  familles  dont  le revenu total est inférieur à 6 000€ ». En conséquence 81% des Français sont moins timorés que les politiques. Enfin, seulement  18 %  des  répondants  approuvent  le  fait  de  « continuer  à  donner  des allocations familiales à toutes les familles », comme c’était le cas jusqu’ici. 1% des enquêtés considèrent enfin qu'il « ne faut plus donner d'allocations familiales".

 

 

La qualité des soins et leur coût

 

En 2014, une majorité des Français estime que la qualité des soins est satisfaisante, notamment en ce qui concerne la médecine  de  ville  (professionnels de  santé  libéraux  exerçant  en cabinet  libéral).  Plus  de  huit Français sur dix sont satisfaits de la qualité  des  soins  prodigués  par  les médecins  généralistes  (90 %),  les infirmiers  (87 %),  les  médecins spécialistes  (84 %)  ainsi  que  les dentistes et orthodontistes (81 %). 

La qualité des soins délivrés par les urgences  hospitalières  est  jugée moins satisfaisante qu’en médecine de  ville :  ce  service  recueille seulement  57 %  d’avis  favorables. Les  maternités,  les  autres  services les  hôpitaux  publics  et  des cliniques  sont  globalement  jugés plus  satisfaisants  (70 %  à  75 %  de satisfaction en 2014). 

 

La solution préférée des Français pour réduire le déficit de la branche maladie de la Sécurité  sociale  est la  limitation  des tarifs  des  professionnels  de  santé  (84 %),  et  la taxation  des  fabricants  de médicaments  (81 %).  Une large  majorité  des  Français souhaitent  également  jouer sur  le  comportement  des médecins :  68 %  souhaitent qu’ils  prescrivent  moins  de médicaments  et  d’examens, et  56 %  que  soit  rendue obligatoire  la  prescription  de médicaments  génériques.  En revanche,  seulement  quatre Français  sur  dix  souhaitent limiter  la  liberté  d’installation des médecins.

Les  Français  soutiennent  en revanche  bien  moins    des mesures  augmentant  les cotisations sociales (22 %) ou réduisant  la  prise  en  charge des longues maladies (15 %).

 

Une exigence d’équité dans la distribution des salaires

 

Une  très  large  majorité  pense  que  les  salaires  des  ouvriers  non qualifiés devraient être augmentés et ceux des PDG réduits  Après avoir été interrogés sur le revenu mensuel moyen que perçoivent selon eux différents  professionnels  tels  que  les  ouvriers  non  qualifiés,  les  instituteurs,  les médecins  généralistes  ou  encore  les  PDG  de  grandes  entreprises,  les  enquêtés sont ensuite invités à indiquer la rémunération souhaitable pour ces professions.

 Leurs  estimations  portant  sur  ces  professions  clairement  identifiées  montrent  un souhait de conserver la hiérarchie salariale existante, mais de diminuer fortement les  écarts  les  plus  importants  en  augmentant  les  bas  salaires  et  en  réduisant  les plus  élevés,  ce  qui  transparaissait  déjà  dans  de  précédentes  exploitations  des mêmes  questions  (Forsé,  Galland,  2011).  Neuf  Français  sur  dix  estiment  que  les salaires  des  ouvriers  non  qualifiés  doivent  être  augmentés  et  sept  sur  dix  considèrent  que  ceux  des  PDG  des  grandes  sociétés  françaises  doivent  être réduits.

 

Plus précisément, les Français préconiseraient de rémunérer :

-  1 470 euros un ouvrier non qualifié en usine (soit 24 % de plus que le salaire qu’ils estiment en moyenne pour cette catégorie) ;

-  2 100 euros un enseignant en école primaire (+17%) ;

-  4 760 euros un médecin généraliste (-3 %) ;

-  11 540 euros pour le PDG d’une grande société française (-54 %).

 

Sept Français sur dix sont favorables à l’interdiction des  rémunérations dépassant 50 000 euros par mois

Des prestations sociales inconnues

 

La  majorité  des  Français  a  entendu parler  des  principales  prestations sociales, mais dans des proportions assez variables.  La connaissance des prestations sanitaires et sociales est largement partagée : plus de  trois  quarts  des  Français  ont  entendu  parler  du  RSA  (97 %),  des  aides  au logement  (97%),  des  allocations  familiales  (99 %),  de  la  couverture  maladie universelle  complémentaire  ou  CMU-C  (90 %),  de  l’allocation  pour  les  adultes handicapés ou AAH (78 %), ou encore du minimum vieillesse (74 %).

L’allocation  personnalisée  d’autonomie  (APA),  qui  permet  d’aider  à  la  prise  en charge des personnes dépendantes, n’est en revanche connue que de la moitié des Français  (52 %). Elle  est  davantage connue par les ménages les plus aisés que par les plus modestes, et sa notoriété augmente. L’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé reste méconnue, ce qui contribue probablement à expliquer le faible recours à cette prestation. Seulement trois Français sur dix ont entendu parler  de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé (ACS), qui permet à des ménages modestes de recevoir un « chèque  santé »  pour  participer  au  financement  de  leur  assurance  maladie complémentaire.  Cette  faible  notoriété  contribue  probablement  à  expliquer  que  de  nombreux bénéficiaires potentiels de l’ACS n’y ont pas recours.

En effet, selon les estimations de la Drees, plus des trois cinquièmes des personnes potentiellement éligibles n’ont pas eu recours à l’ACS en 2013, soit plus de deux millions de personnes.

 

En conclusion, les Français ne sont pas hostiles au changement comme on le prétend trop souvent. Au contraire, ils sont demandeurs d’évolutions importantes pour réduire l’éventail de la grille des salaires et reconfigurer les prestations familiales. Ils souhaitent des réformes dans la santé pour en diminuer les coûts. S'ils méconnaissent certaines prestations, cela prouve qu'ils sont loin d'adhérer à un assistanat généralisé. Nous avons d'ailleurs constaté dans les Alpes Maritimes que les Personnes Agées ne recourent pas à certaines prestations dans une proportion de 25%. Certains jugent que leur dignité les oblige à ne pas tendre la main quitte à mourir de faim ou de froid... En revanche, l'adhésion majoritaire au système de protection sociale, reste sans faille.

 

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