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Personnalisation de l'accueil et de la vie en Institution

par marmontelli 7 Juin 2010, 09:45 Maltraitance

 

Billet de présentation

 

Jean-Pierre Marmontelli poursuit son travail d’information commencé avec un précédent article publié en février 2008 et qui présentait une première recommandation de l’ANESM : http://mullercoderpa06.over-blog.com/article-28159994.html

Cette recommandation complète le constat réalisé par la Haute Autorité de Santé dans une enquête publiée sur ce site le mois dernier. Comment personnaliser l’accueil, respecter la dignité, l’autonomie et les desiderata des personnes ?  Saluons en conséquence l’aboutissement d’un travail qui sera un important moteur d’amélioration de la situation dans les maisons de retraite.

 

Guy Muller

 

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Nouvelles recommandations de l’ANESM.

 

Après la recommandation: « la bientraitance : définition et repères pour la mise en œuvre » parue fin 2008, l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) publie fin 2009 une nouvelle recommandation sur le thème : « concilier la vie en collectivité et la personnalisation de l’accueil et de l’accompagnement ». L’objectif de cette recommandation est de promouvoir des pratiques professionnelles qui permettent un juste équilibre entre l’accueil collectif proposé par une structure, sa mission et la responsabilité qui en découle, au bénéfice de la personne.

En effet, si la vie en collectivité génère des contraintes diverses (rythme de vie, hygiène, sécurité, horaires…), chaque personne doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement individualisé contribuant au développement, au maintien ou au rétablissement de son autonomie.

Lorsqu’elle est centrée sur des logiques organisationnelles et fonctionnelles, il peut arriver que l’institution ne prenne pas en compte chaque personne comme différente et singulière. De ce fait, elle porte en elle des risques de dépersonnalisation et d’uniformisation. C’est dans ce contexte qu’intervient, au cœur de la loi du 2 janvier 2002, la notion de personnalisation.

Des principes directeurs guident les modalités de mise en œuvre de la recommandation :

 

        Les équilibres entre protection et autonomie.

 L’action sociale promeut à la fois l’autonomie et la protection des personnes. Dans le contexte d’un accueil en collectivité, la protection collective des personnes et l’intérêt général peuvent entrer en tension avec l’autonomie et l’intérêt individuel. Le droit au choix et la prise de risques doivent trouver leur place.

 En outre, un principe tel que « l’égalité de traitement » ne saurait faire obstacle à la personnalisation.

 

       L’apport du lien social et du groupe.

 Chaque personne se nourrit des interactions qu’elle peut avoir avec autrui.   Ces interactions participent à la construction ou au maintien de l’identité.

 Simultanément, l’expression et la participation des usagers tant individuelle que collective permettent de nourrir et d’infléchir l’organisation du groupe et ses articulations avec la personnalisation.

 Dans ce contexte, la complexité du rôle des professionnels réside dans le dépassement des tensions entre point de vue individuel et point de vue collectif : attentes et besoins singuliers de la personne, droits et libertés, autonomie, d’une part ; logiques organisationnelles et fonctionnelles de la collectivité, obligations et règles sociales, d’autre part.

 

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Les kiosques des jardins de Kunming (Chine) sont des réserves de convivialité

 

       Le respect de la dignité de chacun.

 

 La dignité de la personne est fondée notamment, dans la pratique quotidienne, sur le respect de son intimité et de sa vie privée. En collectivité, le risque d’atteinte à la dignité de celui-ci est multiplié par la proximité et le regard des autres. Alors que le corps constitue la base et le support privilégié du sentiment d’identité, le respect de l’intimité corporelle est déterminant.

Le respect de la vie privée suppose aussi qu’elle soit protégée activement et que l’on prévienne ses éventuelles atteintes.

En conclusion,  concilier la vie en collectivité et la personnalisation de l’accueil et de l’accompagnement conduit à se situer dans une approche complexe des interactions qui lient individu, groupe(s) et société, en envisageant les tensions entre l’individuel et le collectif non pas dans une dimension bipolaire d’opposition mais bien dans leur articulation.

Celle-ci recouvre l’élaboration et la mise en œuvre d’un projet personnalisé pour chaque usager ainsi que l’exercice de ses droits et libertés individuels.

Elle a pour but l’accompagnement au développement personnel, à l’autonomie, selon la personnalité, les limitations d’activité ou la situation de fragilité de chaque individu. Cet accompagnement peut prendre appui sur le groupe.

        Les modalités de mise en œuvre qui suivent doivent être considérées dans le respect des dispositions légales et des décisions de justice. Elles constituent des points d’appui et des repères pour chaque établissement.

 

 

   I.    INTIMITE, VIE PRIVEE ET PERSONNALISATION.

 

      Personnalisation de l’arrivée : préparer l’arrivée (visites), livret d’accueil « accueillant », référent.

 

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Les seniors s'approprient l'espace public en Chine

 

 

II.  L’INDIVIDU AU SEIN DE LA VIE COLLECTIVE.

 

       Le quotidien collectif : organiser des espaces restreints de  convivialités ou d’activité de préférence modulables ; ajuster les lieux par rapport aux besoins en les rendant accueillants et conviviaux (couloirs, halls…) ; adapter l’organisation des repas (organisation individualisée du petit-déjeuner) et en faire des moments de vie partagés ; organiser le lever et le coucher de façon personnalisée en adaptant l’organisation du travail des aides-soignants, agents de service… ; organiser la participation à la vie collective.

   

         Les activités collectives : préciser la teneur et les objectifs des ac tivités de groupe, proposer des temps de communication, impliquer les usagers dans la vie collective.  

 

    La médiation des personnels dans la vie collective : observer la vie collective au quotidien sans intrusion et être attentif au climat socio-émotionnel ; veiller à la façon dont on s’adresse aux personnes ; accompagner les moments de transition pour en faire des moments conviviaux (avant les repas, au moment du café…) ; accompagner les évènements exceptionnels par la parole ; gérer les perturbations de la vie collective (en comprendre les raisons et adapter la réponse…) ; accompagner les interruptions d’accueil.  

 

 

                   III.    LE CADRE DE LA VIE COLLECTIVE.

 

    L’organisation globale et le travail d’équipe : élaborer les principes directeurs de l’organisation et définir les grandes lignes de fonctionnement de la structure ; inscrire l’accueil en collectivité dans une palette d’interventions et en réseaux ; examiner la taille des établissements ; clarifier et préciser la constitution des groupes de vie (prise en charge spécifique des malades Alzheimer avec espaces dédiés…) ; mettre en place des réunions d’échanges et de réflexion pour les personnels.

 

  L’élaboration et la transmission des règles de vie collective : identifier les règles, la liberté devant rester la règle ; mettre en place des temps d’échanges et de discussion autour des règles de vie collective et la concrétisation des droits et libertés (horaires de fermeture de l’établissement…) ; énoncer les règles de vie collective de façon à ce qu’elles encouragent la responsabilité des usagers.

 

Jean-Pierre Marmontelli

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